Des chercheurs veulent se servir de données collectées par les animaux afin de surveiller en direct l'état des écosystèmes, et l'évolution du climat.
On a tous entendu parler d'éléphants qui se rendaient dans les hauteurs plusieurs heures avant l'arrivée d'un tsunami. Et les histoires d'animaux s'enfuyant bien avant des catastrophes naturelles sont nombreuses. Partant de ce constat, une équipe de chercheurs internationale a décidé d'équiper de balises 100.000 animaux de 500 espèces.
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Comme ils l'expliquent dans la revue Trends in Ecology & Evolution, le but serait de créer un immense réseau de biolocalisation, connectant les animaux balisés à la Station spatiale internationale. Ainsi, les scientifiques pourraient récolter de grandes quantités de données en temps direct sur l'état des écosystèmes et du climat. Ils espèrent ainsi pouvoir, par exemple, prévoir un séisme ou repérer une déforestation illégale.
- Un merle noir, premier cas de données transmises à l'ISS
L'étude rapporte ainsi le cas d'un merle noir, équipé d'une balise sur le dos. En septembre 2020, l'oiseau, marqué en Biélorussie, avait migré vers ses aires d'hivernage en Albanie. Son émetteur s'était soudain allumé alors que la Station spatiale internationale (ISS) passait à 410 km au-dessus. C'est le récepteur de la Coopération internationale pour la recherche animale utilisant l'espace (ICARUS) à bord d'un module russe de l'ISS, qui a reçu les informations de la balise: des données de localisation du GPS sur les allées et venues récentes de l'oiseau ainsi que des données de capteur embarqué. Ces données ont ensuite été envoyées sur Terre. Cette transmission, de seulement 223 octets, a été un tournant puisque c'était la première fois que la balise d'un oiseau transmettait ses données à l'ISS.
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Les chercheurs se sont basés sur cet événement pour créer un nouveau système d'observations spatiales de la Terre et la détection biologique. Ce nouveau système permettra de suivre des milliers de balises à l'échelle presque mondiale, en temps réel. De plus, le coût est bien plus faible que les moyens de surveillance traditionnels.
Des dizaines de milliers d'espèces pourraient donc être équipées de balise chaque année, afin de construire "l'Internet des animaux". Leurs données, envoyées vers un module récepteur situé sur l'ISS, seraient alors retransmises quasi immédiatement sur Terre.
Photo: Un vautour équipé d'une balise GPS. © wikimedia commons
Voir l'article dans son intégralité pour accéder aux annexes: https://www.geo.fr/environnement/des-scientifiques-vont-utiliser-100-000-animaux-sauvages-pour-veiller-sur-lenvironnement-209314
Chloé Gurdjian
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Posté par : akarENVIRONNEMENT
Ecrit par : Chloé Gurdjian - Publié le 15/04/2022
Source : https://www.geo.fr