D’après une étude, certaines denrées ordinaires pourraient, sous l’effet du dérèglement climatique, bientôt rejoindre le cercle peu enviable des produits de luxe.
Et si nos plaisirs les plus quotidiens devenaient demain des privilèges? C'est la conclusion, à la fois inquiétante et argumentée, d'une étude publiée en novembre 2025 dans la revue scientifique Research Letters. Les cacaoyers, les caféiers et la vigne, exposés depuis des années à des conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles, voient leur avenir productif compromis. Malgré les innovations agronomiques, les filières peinent à s'adapter à une variabilité climatique devenue structurelle.
Pour tenter de limiter cette dérive, plusieurs pays s'en remettent à une technologie quasi surréaliste: l'injection d'aérosols stratosphériques (SAI). Décrite par The Telegraph, cette méthode vise à «imiter les effets des volcans» en diffusant du soufre dans la stratosphère via un ballon-sonde, créant ainsi un voile de particules censé réfléchir une partie de la lumière solaire. Un parasol artificiel destiné à atténuer les excès de chaleur.
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Mais ce dispositif n'offre qu'un répit illusoire. Si la SAI peut refroidir l'atmosphère, elle ne neutralise pas les autres facteurs qui fragilisent les cultures: instabilité hydrique, humidité excessive ou prolifération des ravageurs demeurent hors de contrôle. L'ombre stratosphérique ne parvient ni à stabiliser le cycle de l'eau ni à protéger ces plantes de leur extrême sensibilité biologique.
- L'illusion du «parasol stratosphérique»
Ariel Morrison, coauteur de l'étude, résume cette fragilité: «La variabilité naturelle du climat ne peut pas non plus être négligée […] Elle produit une grande diversité de conséquences et peut affecter les moyens de subsistance des agriculteurs qui cultivent le cacao, le café et la vigne.»
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Les auteurs de l'étude soulignent par ailleurs un paradoxe: «La réduction de certains risques – tels que la chaleur extrême – grâce à la SAI pourrait être contrebalancée par l'augmentation d'autres risques, comme des précipitations irrégulières ou une humidité plus élevée.» Certains aléas, comme le déficit hydrique, peuvent être partiellement maîtrisés par l'irrigation, mais d'autres restent totalement incontrôlables.
Et la conséquence se lit déjà sur les prix: selon l'institut NielsenIQ, cité par France Info, le prix de la tablette de chocolat a flambé de 55,2 % depuis 2022, sous l'effet de récoltes fragilisées par des conditions extrêmes et des maladies fongiques. Preuve que sans mesures radicales, ces produits pourraient rapidement basculer dans la catégorie luxe.
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Photo: Torréfaction de café dans la province de Cundinamarca, Bogota, Colombie. © Patrick FRILET/SIPA
Pour accèder lire les articles ci-dessus: https://www.lepoint.fr/environnement/cafe-chocolats-vin-ces-produits-que-le-rechauffement-climatique-pourrait-transformer-en-biens-de-luxe-22-11-2025-2603734_1927.php
Par Marie Guermeur pour Le Point
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Posté par : akarENVIRONNEMENT
Ecrit par : Par Marie Guermeur pour Le Point - Publié le 22/11/2025
Source : https://www.lepoint.fr/