L’État de Campeche, dans la péninsule du Yucatan au Mexique, est un mélange de forêts, d’apiculture, d’agriculture locale, et un lieu où la culture maya est profondément enracinée. À Campeche, 25.000 familles indigènes mayas dépendent de la production de miel. Il y a vingt ans, Monsanto a commencé à cultiver des parcelles expérimentales de soja génétiquement modifié Roundup Ready, programmé pour résister à de fortes doses de l’herbicide Roundup, reconnu comme carcinogène probable. En 2010 et 2011, le gouvernement a élevé ces projets au rang de projets pilotes. En 2012, sans consulter les communautés mayas locales, le gouvernement mexicain a accordé à Monsanto des permis pour planter du soja transgénique sur 235.000 hectares.
Leydy Pech, 55 ans, est apicultrice dans un collectif de femmes mayas, et élève une espèce d’abeille indigène rare, Melipona beecheii. Elle est également membre d’une coopérative d’agriculture biologique et d’agroforesterie composée uniquement de femmes mayas. Leydy s’est aperçue que Monsanto rasait des forêts pour planter son soja, et qu’après des épandages de pesticide, les habitants tombaient malades, et que ses abeilles mouraient.
En juin 2012, indignée, elle a réuni des apiculteurs et des ONG environnementales et a créé la coalition Sin Transgenicos (Sans OGM). Ils ont intenté un procès au gouvernement mexicain pour faire cesser la plantation de soja OGM. Ni le gouvernement ni Monsanto n’avaient en effet consulté les communautés indigènes avant d’approuver les permis, en violation de la Constitution mexicaine et de la Convention 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT).
En novembre 2015, la Cour suprême du Mexique a décidé à l’unanimité que le gouvernement devait consulter les communautés indigènes et a suspendu les permis de Monsanto qui a néanmoins continué à planter. Leydy Pech a continué sa lutte et finalement, en septembre 2017, le Service alimentaire et agricole du Mexique a révoqué le permis accordé à Monsanto pour la culture de soja génétiquement modifié dans les sept États concernés. «Je veux dire au monde qu’il faut cesser le vol des terres indigènes», dit-elle dans son discours d’acceptation du prix, «nous luttons pour notre vie, et la vôtre».
Source: Du Mexique à la France, de la protection de la faune à la lutte contre le plastique, les héros 2020 de l’environnement (Prix de la Fondation Goldman pour l’environnement) - https://reporterre.net/Du-Mexique-a-la-France-de-la-protection-de-la-faune-a-la-lutte-contre-le-plastique-les
Élisabeth Schneiter (Reporterre)
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Posté par : akarENVIRONNEMENT
Ecrit par : 9 décembre 2020 / Élisabeth Schneiter (Reporterre)
Source : reporterre.net