Selon Copernicus, la température moyenne mondiale a dépassé pour la première fois de 1,5 °C les niveaux préindustriels sur une période de trois ans. Trois ouragans de catégorie 5 ont frappé l’Atlantique, tandis que la banquise arctique n’a jamais retrouvé, l’hiver, sa surface d’avant.
L’année 2025 a été la troisième la plus chaude jamais mesurée, selon les chiffres publiés ce mercredi par l’observatoire européen Copernicus. À peine moins élevée que les deux années précédentes (- 0,01 °C par rapport à 2023 et - 0,13 °C par rapport à 2024), la température moyenne mondiale enregistrée l’an dernier est supérieure de 1,47 °C à celle de l’ère préindustrielle (1850-1900). Voici sept chiffres particulièrement marquants.
- 1,5 °C sur trois ans
Ces trois dernières années, les températures mondiales ont dépassé en moyenne de 1,5 °C celles que la planète a connues à la fin du XIXe siècle. C’est la première fois que cette limite est franchie sur une période de trois ans.
Ce seuil est inscrit dans les Accords de Paris sur le climat comme celui à ne pas dépasser. Au-delà, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), «certains risques pourraient être persistants et irréversibles, telle la disparition d’écosystèmes». Mais depuis l’an dernier, cet objectif de rester sous 1,5 °C est déclaré inatteignable.
- Les pics à 50 °C se rapprochent de l’Europe
Le 10 juillet 1913, on a mesuré 56,7 °C dans la vallée de la Mort, en Californie (États-Unis), un record mondial de température qui reste inégalé. Si ce sommet n’a pas été atteint en 2025, un nouveau pays a rejoint le «club des 50 °C» en franchissant ce seuil torride: la Turquie.
. À lire aussi: 50 degrés en France: pourquoi les experts ne l’excluent pas «dans un futur pas si lointain» (A lire sur site ci-dessous)
Le record national a été battu d’un degré le 25 juillet 2025, quand 50,5 °C ont été enregistrés à Silopi, dans le sud-est du pays, non loin de l’Iran et de l’Irak où la barre des 50 °C a également été dépassée. En 2023, un autre pays jouxtant la Méditerranée avait subi des valeurs extrêmes: le Maroc, avec 50,4 °C à Agadir.
- «23 zettajoules»: un record de chaleur emmagasinée par les océans
Quand on parle de réchauffement, on pense souvent à l’air que l’on respire. Mais la plus grande partie de la chaleur disparaît ailleurs: dans les océans. En 2025, ces derniers ont absorbé 23 zettajoules d’énergie en plus, un record.
Un joule, c’est l’énergie qu’il faut sur Terre pour élever un objet de 100 g d’un mètre de haut. Un zettajoule, c’est un milliard de milliards de milliards de joules, quantité de chaleur presque impossible à se représenter, lentement stockée sous la surface.
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Les océans jouent ainsi le rôle d’amortisseur thermique, retardant le réchauffement de l’air… mais cette énergie accumulée ressortira plus tard, sous forme de tempêtes plus fortes, de pluies plus brutales et de mers qui montent.
- Trois ouragans de catégorie 5
Leurs noms? Erin, Humberto et Melissa. Ils ont sévi respectivement en août, en septembre et en octobre dernier. Voir apparaître trois ouragans de catégorie 5 au cours d’une même année est un événement rare à l’échelle de l’Atlantique: la seule fois où cela s’était déjà produit, c’était en 2005.
À ce niveau, les cyclones cessent d’être de simples tempêtes: ils deviennent des forces capables de transformer durablement le paysage, en provoquant des dégâts majeurs. Leur apparition répétée n’est pas un hasard, des océans surchauffés leur fournissent une énergie sans précédent.
- 298 km/h: la violence de Melissa
Avec des vents approchant 300 km/h, l’ouragan Melissa a dépassé le seuil où l’on parle encore de tempête pour entrer dans celui de la dévastation totale. À cette vitesse, les toits s’arrachent, les arbres deviennent des projectiles, les réseaux électriques s’effondrent en quelques minutes. Melissa n’a pas seulement été puissant sur les cartes météo: il a montré jusqu’où un cyclone peut aller lorsque l’océan, surchauffé, lui fournit une énergie presque sans limite.
- 14,33 millions de km2: la banquise n’a jamais été aussi petite l’hiver
Même au cœur de l’hiver boréal, quand la glace arctique devrait s’étendre au maximum, la banquise n’a couvert que 14,33 millions de km2 en 2025, un minimum historique. Cela signifie qu’au moment où la glace était censée être la plus solide, elle était déjà en retrait par rapport aux années précédentes. Cette absence hivernale fragilise durablement le pôle Nord et accélère le réchauffement en réduisant la capacité de la Terre à réfléchir la lumière solaire.
- 1.739 mm de pluie en 24 heures au Viêt Nam
Fin octobre, 1.739,6 mm de pluie se sont abattus sur le centre du Viêt Nam en une seule journée, l’équivalent de plusieurs mois de précipitations concentrées en 24 heures. C’est un record pour le Viêt Nam et l’un des plus impressionnants phénomènes de ce type jamais survenu en Asie. Rivières débordées, glissements de terrain, villages coupés du monde: ce chiffre n’est pas abstrait, mais rend compte des conséquences immédiates des changements climatiques.
Photo: Avec des vents approchant 300 km/h, l'ouragan Melissa a détruit de nombreuses habitations, notamment en Jamaïque, en octobre 2025. AFP/Ricardo Makyn
Pour accéder et lire les articles ci-dessus: https://www.leparisien.fr/meteo/2025-troisieme-annee-la-plus-chaude-dans-le-monde-les-7-chiffres-fous-dun-nouvel-episode-historique-14-01-2026-OZ57KPAJQNHFFFKVJIWOQKQTTA.php
Par Gaël Lombart
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Posté par : akarENVIRONNEMENT
Ecrit par : Par Gaël Lombart - Le 14 janvier 2026
Source : https://www.leparisien.fr/