Algérie

Plages : La grande ruée avant le Ramadhan

C'est la grande ruée vers les plages, un « compte à rebours » avant le début du mois du jeûne. On veut profiter pleinement du bout de temps qui reste. Dans la tête de la plupart des Algériens, émigrés notamment, il n'y a pas une seconde mi-temps post-Ramadhan; la saison estivale tirera sa révérence jeudi ou vendredi au plus tard.
Le rush vers les plages de la corniche oranaise a atteint des pics cette dernière semaine. L'approche du mois sacré et la fulgurante montée du mercure sont à l'origine de cette marée humaine exceptionnelle sur la plage. Qu'ils soient émigrés, vacanciers venant d'autres wilayas ayant élu domicile à El-Bahia le temps d'un été, «autochtones»… tout le monde épuise ses dernières cartouches au bord de la grande bleue. Tout le monde veut faire ses dernières trempettes. Pour la plupart des touristes venus d'ailleurs, le retour chez soi a été différé à la dernière minute. A la veille de la nuit du doute, jeudi. Eh oui ! On n'est plus au temps des grands préparatifs pour accueillir le mois sacré. Autrefois, à l'approche du mois de Ramadhan, le cours de vie des Algériens, à l'instar d'autres sociétés arabo-musulmanes, prenait un tournant marqué du sceau des us et coutumes particulières. Dans les quartiers populaires notamment, les familles n'omettaient pas de peindre les façades de leurs maisons, retapaient leurs cuisines et salles à manger, changeaient les lustres et les rideaux, achetaient de nouveaux ustensiles, de nouveaux tapis de prière, faisaient leurs provisions alimentaires pour au moins la première semaine... En passant dans les ruelles d'un quartier populaire ou d'un village durant la dernière dizaine de Chawal, on avait droit à une ambiance festive, aux couleurs de la peinture toute fraîche et égayée et aux mille senteurs typiquement aromatisées et épicées, en guise de préparations ramadanesques. Sans parler des préparations spirituelles. Aujourd'hui, cet aspect est beaucoup moins présent. Il est en déclin d'année en année. Le neuvième mois du calendrier musulman se résume, en ces temps qui courent, en l'acte de jeûner. Aux yeux de certains, ce mois est donc perçu plus comme quelque chose qui vient casser le cours normal de la vie, en particulier l'ambiance de l'été, qu'un temps de haute spiritualité.
Hier, une petite virée à travers les hôtels et les complexes touristiques qui pullulent sur la corniche, indique que le départ massif des locataires dicté par le mois de Ramadhan n'a pas eu lieu encore. Presque tous les établissements affichent encore complet. A J-4 de la date «butoir», c'est quand même étonnant. «Pas tant que ça», nous fait remarquer un hôtelier, plage La Madrague, Bousfer. «L'été dernier, c'était la même chose. Les clients avaient réservé pour un séjour jusqu'à la veille de Ramadhan, qui avait commencé le 1er août. Le 30 juillet, je me rappelle, j'avais seulement 5 chambres vides sur un total de 85. Il n'y avait pas que des clients résidents dans le pays, il y avait aussi des émigrés, une douzaine de familles, si ma mémoire est bonne». Interrogé sur l'impact de cette saison écourtée par Ramadhan sur son chiffre d'affaires, le même patron d'hôtel répond : «Personnellement, je n'ai pas à me plaindre. Ça n'a eu aucune répercussion sur mon registre de réservation. 90% des locataires sont une clientèle de longue date. La plupart des réservations se font, chez moi en tout cas, par téléphone ou internet, entre mars et mai. Mais, c'est vrai, j'ai des amis sur la corniche qui, après des années de vaches grasses, connaissent des années de vaches maigres, pratiquement depuis 2010». C'est le cas de cet hôtel 3 étoiles sis Cap Falcon. Les affaires de son propriétaire ne vont pas bien, le moins qu'on puisse dire. De mai à aujourd'hui, le taux d'occupation enregistré par cet établissement a oscillé entre 20 et 35%. Au point que plus que la moitié du personnel a dû être licencié. «Deux choses nous ont ruinés ces trois dernières années : Ramadhan et les locations de particulier à particulier. Je n'exagère en rien si je vous dis qu'un tiers de la population locale cohabite avec des locataires dans sa propre maison. Ne parlons pas de ceux qui louent leur seconde résidence, qui va d'une villa meublée à un F3 ou F4 dans les nouvelles cités LSP d'Aïn El-Turck, en passant par un bungalow ou un studio pieds en mer».
De Saint Rock à Cap Falcon, la bande littorale d'Aïn El-Turck accueille ces derniers jours des milliers de baigneurs. Vue de haut, les plages sont couvertes de part en part par des parasols à perte de vue.
Mer calme avec peu de vagues et soleil de plomb : de quoi attirer du monde de divers horizons. A l'entrée de la station balnéaire des Andalouses, relevant de la commune d'El-Ançor, des bus bondés se succèdent à l'arrêt du terminus entre 3 à 5 minutes d'intervalle. Les autres plages «intermédiaires» entre Aïn El-Turck et les Andalouses, comme les «Dunes», «l'Etoile», «Bomo», «Bousfer-plage», «La Madrague», etc., ne sont pas en reste. Si au tout début de la saison, et même un peu avant, il aura suffi d'un rayon de soleil dardant pour que des centaines de baigneurs prennent d'assaut la corniche, alors à quoi d'autre que le grand rush pouvait-on s'attendre en cette période caniculaire et à une poignée de jours de Ramadhan ' Toutes les plages et les criques de la côte ouest d'Oran sont inondées. C'est le cas, entre autres, de la plage de Madagh, ce petit havre de paix coincé entre mer et forêt et ceint par les rochers.
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