Algérie - Plage Sidi Djelloul ex Camerata	(Commune de Sidi Ben Adda, Wilaya de Ain Temouchent)

Plage de Sidi Djelloul, Commune de Sidi Safi, Wilaya d'Ain Temouchent



Plage de Sidi Djelloul, Commune de Sidi Safi, Wilaya d'Ain Temouchent


C’est l’une des plus anciennes plages du littoral témouchentois. Elle se trouve à quelques miles de Beni Saf. On ne soupçonne guère son existence en venant d’Aïn Témouchent. Juste avant d’aborder le grand virage annonçant la montée vers la cimenterie de Beni Saf, les autochtones ne manquent pas de remarquer, dressé au bord de la route, le mausolée de Sidi Djelloul le saint patron des lieux. La «goubba » est bien entretenue et ornée de foulards aux couleurs vives, le chemin carrossable musarde jusqu’au sommet des dunes dominant la plage, véritable havre de paix avec un petit bois et un sable fin. Les naturistes sont d’emblée subjugués. Devenue Sidi Djelloul, l’ancienne Camerata ou Fons Camerata a abrité un port au temps des Romains comme en témoignent des vestiges conservées au musée d’Oran. La baie offrait des refuges naturels grâce à de larges et profondes grottes nichées dans les rochers. D’ailleurs, c’est la forme voûtée des plafonds de ces cavernes qui a inspiré le nom de Camerata aux premiers habitants. Après l’indépendance la plage attirait de nombreuses familles dont les femmes aimaient se baigner en groupe. Une longue tunique en guise de maillot de bain suffisait à rassurer les mâles. Sidi Djelloul était le fief de la pudibonderie. C’est peut-être de là qu’est née la mode de la robe de bain. Ici, pas de jet ski, ni de crème solaire, c’est l’anti-club des pins à la bonne franquette avec la retenue qu’il faut. Pour certains «plebiens» c’est aussi un peu de bonheur volé à la vie, quitte à se satisfaire de quelques tranches de pain et de tomates fraîches. Le seul camp de vacances appartient à la CNAS. Dans ce décor reposant, une ombre plane sur la plage. Le site de Sidi Djelloul, précisément la vallée située à 1,5 km de la plage abrite actuellement le projet de Medgaz S.A. Un gazoduc partira d’une station de compression vers l’intérieur des terres. En mer il atteindra une profondeur de plus de 2.000 mètres, ce qui en fait un des grands chantiers dans le monde. La section terrestre du gazoduc en Algérie reliera Hassi R’mel et Beni Saf sur une distance de près de 550 km. La canalisation accostera sur la plage de Sidi Djelloul, petite anse sablonneuse d’une longueur de 200 m. L’usine s’étale avec tous les bâtiments annexes sur une superficie de 13 hectares environ. La station de compression a pour fonction de faire monter la pression du gaz au niveau requis pour le transporter à travers le gazoduc situé en mer et de le livrer à la pression voulue au terminal de réception d’Alméria sur la côte espagnole. La station est équipée de turbocompresseurs, de refroidisseurs, de filtres de gaz et de postes de comptage de gaz. L’étude d’impact confiée à un bureau espagnol a révélé quelques incident ces plus ou moins importantes durant la phase de construction et d’exploitation. Il y a d’abord le risque de pollution de l’eau, des sols et de l’eau souterraine, dû à des déversements incontrôlés d’huiles, de carburants, de particules de produits chimiques et d’eaux usées. Ensuite la dégradation de la qualité de l’air due à la poussière qui y est soulevée, les opérations d’excavation et aux émanations de fumées dégagées par les moteurs diesel. Le déversement des produits pétroliers sur le sol affectera à coup sûr la flore et la faune. L’écoulement des eaux usées de l’usine se fera dans le cours d’eau de l’Oued Rahmoun. Le rapport pour ce qui est les eaux usées, laisse la porte ouverte aux diverses solutions qui peuvent être trouvées en collaboration avec les autorités de la wilaya. Un manuel de surveillance balisera toutes ces actions de protection de l’environnement. Mais pour l’instant on ne sait pas si des évaluations ont été faites par la direction de l’environnement sur la base de l’étude d’impact. Il reste que d’ici la désaffection du site, dans 50 ans, la plage de Sidi Djelloul sera confrontée à un sérieux problème de préservation de l’écosystème. Source : Echo-Oran



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