Algérie - Revue de Presse

Parution



Guantanamo de Philippe Bolopion La prison orange Nous ne pouvons juger du degré de civilisation d?une nation qu?en visitant ses prisons », disait Dostoïevski. Le bagne de Guantanamo révèle que le pays de l?Oncle Sam est loin d?être le symbole de la démocratie. « Au c?ur de la Cuba communiste, sur une base qui a survécu à la guerre froide, le Pentagone a méthodiquement créé, fin 2001, une zone de non-droit où sont détenus depuis, dans le plus grand secret, près de 600 ?ennemis combattants?, originaires d?une quarantaine de pays et soupçonnés d?activités terroristes. » Dans le plus grand secret, seules quelques images, filtrées par l?armée américaine, parviennent au monde extérieur. Le journaliste Philippe Bolopion fait partie des quelques journalistes qui ont pu observer le camp Delta, où sont parqués dans des cages, les détenus « orange ». Le fluo est la couleur de l?arbitraire, de la « guerre contre la terreur ». Qui sont ces prisonniers qui menacent si dangereusement l?Amérique ? L?Administration américaine a inventé le terme de « combattants illégaux ». Une appellation alambiquée qui permet de les soustraire au statut de prisonniers de guerre défini par la Convention de Genève. Pour Philippe Bolopion, de pauvres diables. L?épouvantail et l?arbitraire Et si toute cette mise en scène ne sert qu?à masquer la réalité ? Que cette prison sert à captiver tous les regards sur elle, pendant que les vrais responsables d?Al Qaîda et d?autres organisations sont emprisonnés ailleurs ? Un leurre. Philippe Bolopion n?est pas loin de le penser. Un officier américain n?en dit pas autre chose quand il affirme : « Cela détourne l?attention du monde des endroits où sont détenus les gros poissons. » Le correspondant de Radio France International à New York jongle avec le sérieux dans ses analyses et l?ironie dans ses commentaires. Les Etats-Unis détiennent à Guantanamo trois enfants afghans pris dans une rafle dans les faubourgs de Kaboul. Leur sort est toujours indéterminé. Le pays de George Bush a-t-il beaucoup à craindre d?eux ? La Croix-Rouge ne le pense pas. Les ONG s?alarment du sort des détenus et assimilent leurs interrogatoires à de la torture. Le Washington Post vient de révéler que la CIA dispose d?un centre de détention, jusqu?à présent inconnu, sur la base navale de Guantanamo où elle interroge des suspects de terrorisme dans le plus grand secret. Ce centre, contrairement au camp Delta, est entouré de hautes barrières, couvert d?épaisses bâches en plastic vert. C?est là que l?agence américaine détiendrait la majeure partie des chefs d?Al Qaîda. Guantanamo/ Philippe Bolopion, La Découverte


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