Algérie

Ouguiya et foncier

Grand appétit Sur chaque dollar de la production pétrolière, 34 cents iront dans les caisses de l?Etat mauritanien, nous affirme un représentant de la compagnie australienne Woodside Petroleum Ltd. Cela est suffisant pour donner de grands appétits à certains responsables de ce pays. Mais à l?opposé, la majorité des citoyens craint que ce miracle pétrolier n?apporte rien de bien pour le pays. Déjà les prix de location et de vente de l?immobilier sont montés en flèche. A Nouakchott, les loyers ont connu, au cours des cinq mois de l?année 2005, des hausses de 500 %. Dans les rues de la ville court le bruit que quelque 2000 Australiens débarqueront incessamment dans la capitale. Un euro s?échangeait, en ce début de juin, à 400 ouguiyas (monnaie mauritanienne), alors que l?on indique que cette devise est très recherchée par les riches du pays. Ceux-ci placent leur fortune à l?étranger depuis l?instabilité qui a touché la Mauritanie après le putsch du 8 juin 2003, nous déclare un courtier dans le marché du centre-ville. Des fonctionnaires sont insatisfaits malgré la revalorisation des salaires depuis janvier dernier de quelque 8000 ouguiyas (UM). « Les recettes des ventes du fer et du poisson auraient dû améliorer la vie des citoyens, mais ça n?a pas été le cas, alors le pétrole c?est un leurre », soutient un employé d?un ministère. Diverses sources évoquent l?acquisition de terrains tout au long des principales routes qui relient Nouakchott au reste du pays. Cela notamment sur la route de Rosso (sud du pays) ou sur celle d?Akjoujt (nord-est). Un opposant dénonce que Zeidane Ould H?meida, ministre du Pétrole (département créé depuis mars 2005), « ne devienne qu?un pion dans l?échiquier politico-financier pour le contrôle des richesses naturelles du pays ». Les craintes de la classe politique (opposition), des intellectuels et d?une partie de la presse se justifient par le fait que « la dette extérieure de la Mauritanie a été effacée la semaine dernière » par le G8. Les avis s?accordent à dire que « cela ne fera que compliquer la situation des couches les plus défavorisées alors que le PIB se situe juste autour d?un milliard de dollars ». Les quelques rares quotidiens font des parutions quatre fois par semaine. Seul le journal Nouakchott-Info paraît durant la journée du vendredi. Des publications comme Le Calame ou La Tribune tentent de se maintenir en l?absence d?un réel marché de publicité. Le week-end universel, instauré depuis quelques mois seulement, a encore compliqué la survie de ces journaux. Les Mauritaniens, à partir de vendredi à midi, se mettent dans une logique de repos. Alors qu?aucun signe matériel ne rend compte, pour les générations futures, de toutes les aides et la contribution de l?Algérie en Mauritanie, une centrale d?achat de produits algériens existe actuellement. Un dépôt de vente de la large gamme de la société privée SIM (couscous, spaghetti ..), de jus Rouiba et d?autres produits est visible sur la route de Toujounine. A cette présence, qui mérite des encouragements, quelques Algériens gèrent des auberges ou des restaurants, mais de plus en plus ils se font rares et très discrets. Il faut avouer que pratiquement aucun Mauritanien ne connaît la rue Houari Boumediène alors qu?il connaît les rues Habib Bourguiba, Djamel Abdenasser ou Charles de Gaulle. Les citoyens de ce pays se repèrent en citant la mosquée saoudienne, marocaine, qatarie, tunisienne. Absence totale de l?Algérie qui a aidé à la création de l?ouguiya, à la formation des militaires et des cadres de ce pays, à la survie des populations devant la sécheresse des années 1970 et 1980. Même Naftec risque d?être délogée d?ici quelques mois avec la découverte du pétrole.
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