Algérie

Oran - Eradication des constructions illicites


Graves échauffourées à El-Hassi Des échauffourées ont opposé hier mardi, à partir de 8 heures et jusqu’à 14 heures, les habitants d’un bidonville situé sur les hauteurs surplombant El-Hassi, dans la banlieue ouest d’Oran, à l’équipe chargée de la démolition de leurs baraques et aux forces de l’ordre. Lors de ces incidents au cours desquels de jeunes protestataires ont jeté des pierres sur l’équipe et sur les gendarmes appelés à la rescousse, des blessures auraient été occasionnées de part et d’autre. Pour disperser les manifestants, dont les rangs enflaient à vue d’œil et qui devenaient de plus en plus menaçants, la gendarmerie nationale a utilisé des grenades de gaz lacrymogène et procédé à plusieurs interpellations. Selon diverses sources, il y a une semaine de cela, 29 autres constructions illicites ont été démolies dans ce même bidonville. Hier, 26 baraques, faites de parpaings et de tôles, ont été détruites dont 19 complètement rasées. Sur place, nous avons appris qu’une quarantaine d’autres constructions illicites seront bientôt démolies. Rencontrée au moment où elle essayait de récupérer ses effets de dessous les décombres de ce qui fut sa demeure, D.R, 40 ans, divorcée, déclare que «cela fait deux ans que j’ai construit cette petite baraque de 3 pièces et une courette. Maintenant que les autorités l’ont démolie, je n’ai plus où aller». Priée de dire si avant de construire «sa maison» elle avait obtenu une autorisation, l’intéressée a répondu par la négative. Egalement sollicitée, R.H.S, une autre divorcée de 31 ans, mère de 6 enfants, déclare avoir construit son gîte depuis deux ans. «Ce matin, aux environs de 7h30, les autorités se sont présentées et m’ont sommée d’évacuer les lieux. N’ayant pas où cacher ma misère, j’ai refusé d’exécuter. Des engins ont été actionnés et ont entamé la démolition de mon petit logement. Je n’ai plus où aller». Un autre habitant des lieux, S. Hocine, 40 ans, chômeur, déclare avoir construit sa baraque depuis 18 mois. «Auparavant, j’habitais à Chteïbo. Etant sans travail, je ne sais plus quoi faire», se plaint-il. A 16 heures et même si la manifestation avait cessé, la route nationale Oran-Témouchent était encore parsemée de pierres et d’objets hétéroclites ayant servi de projectiles aux manifestants.
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