Algerie - 07- Occupation Française

Olivier Lecour Grandmaison: La France a commis d'innombrables crimes de guerre en Algérie





L’interview débute sur la controverse déclenchée en février 2025 par Jean-Michel Aphatie, qui affirme que la France a commis « des centaines d’Oradour » en Algérie. Le Cour Grandmaison défend cette comparaison dans son livre Oradour coloniaux français : Contre le 'roman national' (2025). Il soutient que les massacres de civils en contexte colonial étaient une pratique systémique, relevant d’une « guerre totale » menée par l’État français, et non des actes isolés. Arguments principaux Négationnisme et roman national : Une partie de la classe politique et médiatique française minimise ou nie les crimes coloniaux, en les présentant comme des excès individuels plutôt que comme une politique d’État républicain. Guerre totale dès la conquête (1830-1870) : Sous le général Bugeaud (à partir de 1841), doctrine explicite de destruction : razzias, enfumades (ex. : Dahra 1845), massacres de populations civiles, destruction de villages et de cultures pour briser la résistance. Continuum des violences : Ces méthodes se prolongent au XXe siècle, notamment lors des massacres de mai 1945 (Sétif, Guelma, Kherrata : 20 000 à 45 000 morts algériens) et pendant la guerre d’indépendance (1954-1962) : torture systématique, exécutions sommaires, disparitions forcées. Comparaisons historiques : Dès les années 1940-1950, des intellectuels et résistants français (Claude Bourdet, Paul Teitgen, Hubert Beuve-Méry) dénoncent une « Gestapo algérienne » ou des « Oradour ultra-marins ». Lors du procès Barbie (1987), Jacques Vergès établit un parallèle entre crimes nazis et crimes coloniaux français. Conclusion La recherche historique a établi les faits, mais le combat politique et mémoriel reste entier : accès limité aux archives, absence de reconnaissance officielle des crimes contre l’humanité, et persistance d’un discours révisionniste. Le Cour Grandmaison appelle à une mémoire critique pour contrer le « roman national » et promouvoir une justice mémorielle.
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