Les caractères latins et arabes sont les plus employés aujourd'hui
pour noter le berbère. Les Touaregs ont toutefois conservé un alphabet
propre, les tifinagh, avec un usage limité à de très courts textes. Les
Kabyles - puis les Berbères marocains - l'ont redécouvert, transformé,
mais il reste confiné à des emplois emblématiques comme par
exemple les enseignes de magasins, de bâtiments publics ou les titres
d'ouvrages. Cet alphabet est issu de l'antique écriture libyco-berbère,
qui a servi à noter le millier d'inscriptions découvertes en Afrique du
Nord et dont les plus anciennes remonteraient au moins au VIe siècle
avant notre ère.
Il y a encore quelques années, on pouvait tracer grosso modo
une ligne de démarcation scripturaire entre le Maroc d'une part, où les
caractères arabes sont les plus répandus pour noter le berbère (en
particulier dans le Sous en raison d'une longue tradition littéraire) et
l'Algérie d'autre part, avec la domination de l'alphabet à base latine
(surtout en Kabylie). La situation semble avoir évolué car on constate
aujourd'hui une certaine tendance à employer plus fréquemment les
caractères latins au Maroc, surtout dans le Rif, mais également dans le
Sous.
Nous développerons ici le système de notation usuelle à base
latine qui paraît s'imposer lentement mais sûrement à tout le monde
berbère. Ce qui ne signifie pas que le débat sur le choix de l'alphabet
soit clos.
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Posté par : einstein
Ecrit par : - Nait Zerrad Kamal
Source : Iles d Imesli Volume 2, Numéro 1, Pages 259-271 2010-12-31