Algérie

Nos riches vont-ils s'exiler ' Edito : les autres articles

Nos riches vont-ils s'exiler ' Edito : les autres articles
Nos fortunes nationales vont-elles prendre le chemin de l'exil après les déclarations du ministre des Finances, Karim Djoudi, annonçant la mise en place prochaine de nouveaux mécanismes d'imposition des riches ' La France aux couleurs socialistes qui vient, sous la présidence de François Hollande, de s'essayer à cet exercice que le CAC 40 a qualifié de suicidaire pour la relance de la croissance et de l'industrie françaises, commence déjà à enregistrer les premiers effets boomerang de cette politique de patriotisme économique sur laquelle avait misé la nouvelle majorité pour renflouer les caisses asséchées de l'Etat. Mais là s'arrête la comparaison. Transparence oblige : l'opinion publique dans ce pays ' et pas seulement les services compétents du fisc ' connaît, grâce à la traçabilité des comptes et des fortunes recensées, la liste nominative détaillée des richissimes groupes industriels, hommes d'affaires, familles de notables qui rythment la vie économique et financière.
Dans les contrées où les institutions de contrôle jouent véritablement leur rôle, loin de toute interférence du politique, on sait qui est riche et qui est pauvre. Peut-on dire la même chose chez nous ' Quand on pense que l'on n'a même pas pu imposer cette éthique qui fait la crédibilité d'une équipe gouvernementale et d'un Etat et qui est d'imposer le respect du système déclaratif du patrimoine pour les emplois supérieurs dans les institutions de l'Etat et aux postes électifs comme l'exige la loi, on ne peut que douter de la suite qui sera donnée à cette vaine promesse d'impliquer les grosses fortunes dans l'effort de solidarité nationale en augmentant le seuil et le taux d'imposition. Tout est à faire en la matière. Les nouveaux riches qui ont bâti des fortunes souvent à l'ombre de l'économie informelle, hors de la sphère de la production, ne sont enregistrés et listés comme tels nulle part dans les organes de contrôle des flux financiers qui irriguent l'économie nationale.
Activant souvent à visages couverts, sous des prête-noms, sous couvert de sociétés écrans qui naissent et disparaissent dans un cycle de vie défiant toutes les lois économiques et commerciales, ces milliardaires de l'import-import, des containers, ont imposé au pays depuis son ouverture à l'économie de marché un modèle économique fondé sur le gain rapide et facile, se moquant du fisc et de la sphère de la production qui est la vraie richesse pérenne d'un pays. Les capitaines d'industrie et les détenteurs de capitaux algériens, qui ont placé leur argent et leur savoir-faire au service du développement national en prenant tous les risques liés à l'absence de visibilité des choix économiques de l'Algérie, ne sont pas légion.
Est-il moralement juste et économiquement productif de taxer de la même manière un trabendiste, dont il sera difficile au demeurant de cerner la fortune, et un industriel qui crée de la richesse et de l'emploi ' L'égalité face à l'impôt n'aura de sens et de chance d'aboutir qu'avec des réformes politiques profondes et une démocratie véritable qui n'exonèrent pas les détenteurs du pouvoir de leur devoir de solidarité nationale au même titre que tous les citoyens. Quant à l'exil de nos fortunes bien ou mal acquises, ce n'est même plus une crainte, mais une réalité favorisée par le mode de gouvernance politique et économique de l'Algérie. Si le secret bancaire à l'étranger venait à être levé'
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