Algerie - 08- La guerre de libération

Non-dits de la guerre de libération: les manipulations de la révolution algérienne





Du 1er novembre 1954 au 5 juillet 1962, le principal soutien : politique, médiatique, militaire, financier… de la guerre d’indépendance de l’Algérie était l’Egypte de Djamel Abd al Nasser. Les services des renseignements français avaient estimé le budget du FLN à 6 milliards de francs de l’époque.

Aussi, la guerre froide oblige, dès le déclenchement de cette révolution les mêmes services et leurs alliés : israéliens, britanniques, suisses, allemands, italiens, espagnols, américains et de certains pays arabes ont-ils décidé de frapper les algériens au portefeuille.

Pour se procurer des armes et de les livrer aux combattants nationalistes algériens, notamment au front ouest, au Maroc, l’infatigable Ahmed Ben Bella, avec l’aide du major Fethi Dib, des moukhabarates égyptiennes, achetaient des armes, à leur insu, à des trafiquants d’armes : instrumentalisés, infiltrés, approvisionnés en armes par le SDECE et ses alliés (1).

Les armes circulaient en circuit fermé. Des trafiquants d’armes aux ordres et à la solde du SDECE vendaient des armes au FLN qui les payaient cash avant qu’elles ne lui soient livrées. Informée, la marine française les récupérait, etc. Par exemple, les armes achetées par le FLN à des trafiquants d’armes seront confisquées par la marine française à bord d’un bateau du nom de : « Tigrito. » Les mêmes armes seront vendues au même client et récupérées sur les 156 combattants du bataillon Hambli qui a rallié les rangs ennemis.

Qui était Dinah, la femme ? En 1976, Houari Boumediene avait déclaré à Ania Francos et à J. P. Séréni qui ont écrit : « Le ravissant yacht blanc que le roi de Jordanie vient d’offrir à Dinah, sa nouvelle épouse, se balance doucement en rade à Alexandrie… Sa propriétaire est justement en voyage de noce à Madrid. Cette princesse égyptienne qui se pique de progressisme n’est pas rancunière. Elle mettra par suite gracieusement son bateau à la disposition du FLN (2.)

En décembre 1954, Dinah n’était plus qu’une malheureuse princesse d’Egypte déchue. Son hymen avec le Petit roi de Jordanie sera consommé en janvier 1955 et de courte durée. Elle sera répudiée par son auguste roi quelques mois plus tard.

Qui était Dinah, le yacht ? Son nom d’origine était : « Fakhr el bihar » (la fierté des mers). Il avait appartenu au roi Farouk détrôné en 1952. Pour avoir longtemps séjournés dans un coin retiré de Port-Saïd, en décembre 1954, il n’était plus qu’un tas de ferraille. Sa coque était rongée et ses machines bloquées par la rouille. Des travaux harassants, longs et coûteux étaient nécessaires pour le rendre navigable. Le Petit roi de Jordanie aurait-il offert à sa nouvelle et première reine une antiquité pharaonique ou nabatéenne ?

L’épave était censée avoir pour armateur un certain Hussein Kheyri qui pour hommes de confiances Ibrahim al Nial et Milan Bachich. Les travaux nécessaires pour la remise en état de naviguer du futur « Dinah » ont duré un mois. Leurs coûts, à charge du FLN, étaient si élevés que Fethi Dib n’a jamais révélé leur montant.

L’appartenance du Dinah à l’éphémère reine de Jordanie était sans doute une invention de son armateur, de Hussien Kheyri. Fethi Dib écrira que Dinah, la femme n’avait jamais su avant 1963, à l’occasion d’une cérémonie organisée par l’ambassadeur d’Algérie en Egypte où elle a été l’invité d’honneur, que son yacht avait servi à transporter des armes au profit du FLN.

Que sont devenus : Hussein Kheyri, Ibrahim al Nayal et Milan Bachich ? Hussein Kheyri, l’armateur du Dinah, sera impliqué dans une mystérieuse affaire dite : « D’al Menchia », d’une tentative d’assassinat de Djamel Abd al Nasser. Il sera condamné à mort par contumace à la suite de quoi il avait disparu à jamais.

Milan Bachich, le Yougoslave d’origine, le pilote de chasse de formation, l’opposant politique au régime du Maréchal Tito d’opinion, Question bête, un opposant au Maréchal Tito pouvait-il espérer trouver refuge dans une Egypte présidée par Djamel Abd al Nasser, par l’un des plus sûrs alliés du Maréchal Tito ?

Toujours est-il que le corps de l’opposant au Maréchal Tito sera repêché dans le canal de Suez en 1956, pendant l’agression tripartite. Il sera porté sur la longue liste des martyrs de la révolution algérienne. Sa femme sera hissée au rang de veuve de chahid de la même révolution. Notre célèbre diplomate algérien, Lakhdar Brahimi, ambassadeur d’Algérien en Egypte à l’époque, deviendra le gendre des Bachich.

Et, le 16 octobre 1956, Ibrahi Nayal livrera au large des côtes oranaises Athos et sa cargaison à la marine français. Il était un agent triple.

(1) Erwan Bergot, le dossier rouge (services secrets contre le FLN) Grasset, 1976, P. 158

(2) Ania Francos et J. P. Séréni, un Algérien nommé Boumediene, Stock, 1976, P. 53

(3) Fethi Dib, Djamel Abd al Nasser et la révolution algérienne.
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