Algérie

Nehbi Bachir, un artiste authentique


L’hommage des pairs Feu Nehbi a su donner le meilleur de lui-même pour son quartier Sidi Lahouari qu’il aimait et chérissait au point qu’il ne jurait que par lui à la moindre occasion, à la moindre réunion avec les autorités locales. Son parcours artistique commença à partir de 1958, date à laquelle il a créé, au niveau du quartier, un petit orchestre dont la touche musicale battait la mesure algérienne authentique par ses airs et chansonnettes tirés du terroir de l’ouest du pays, animant les soirées des fêtes et mariages de l’époque. L’orchestre était composé de Kinane Salah, célèbre guitariste, Beldjillali Mokhtar, violoniste, Hamidi à l’accordéon, Nekkache à la clarinette et le regretté Omar au violon. Ce groupe donna des spectacles au lendemain de l’indépendance sur les places publiques, dans les salles de cinéma et même à la télévision. Cet orchestre fera fusion avec la troupe théâtrale Abou Nouas, dirigée à l’époque par Zaaratte Mohamed et Bouabdellah Djelloul, ce qui a permis à ce collectif de foisonner dans le domaine artistique et donner des spectacles (pièces de théâtre et sketchs) à titre gracieux au quartier de Sidi Lahouari et dans d’autres quartiers de la ville d’Oran, notamment lors de la célébration de la fête de l’indépendance, en compagnie de comédiens talentueux tels que Hassène El Yamani, Sebah Mohamed, Hasni et autres. Continuant son parcours de militant de la première heure, Nehbi Bachir, qui n’a pas manqué à son devoir de fidaï lors des années de braise, a pris les devants de la scène dans son quartier sans contre-partie aucune puisqu’il n’a même pas demandé sa fiche communale à l’indépendance, malgré l’insistance de ses compagnons de la résistance. Fidèle à lui-même, il a été l’un des membres fondateurs du premier comité de quartier de Sidi Lahouari lors des années sombres du pays en 1994, et ce, en compagnie de ses amis Zahaf Bachir, Guenniche Bachir, Beldjillali Mokhtar, Beldjillali Laïd, Sahraoui Mekki, Belouzaâ Mekki, Benabed Mohamed, Chaïbi Abdellah, Benabed Hamid, Bettayeb Mustapha. Il a été l’un des membres actifs de ce comité qui a su donner à l’Etat beaucoup de crédibilité aux lieu et place des institutions qui étaient absentes sur le terrain, notamment lors des premières élections pluralistes après l’arrêt du processus électoral. En 1998, Nehbi fut contacté par une association musicale de Bordeaux, dont le président n’est autre que son neveu. Ce dernier lui proposa de rassembler son groupe musical pour une tournée. En un rien de temps, Bachir a su recomposer son groupe en l’étoffant de musiciens professionnels (18 musiciens), dans le cadre d’un échange culturel avec la ville de Bordeaux. Ayant séduit son public, la troupe a été invitée à se produire à Nancy dans les différents quartiers de la ville. L’orchestre en question a participé à divers ateliers de percussions et danses, dans le cadre du festival de Haute Garonne, en donnant la mesure de son talent, en jouant, devant un public acquis, le Karkabou et des morceaux de musique traditionnelle au milieu d’une assistance nombreuse et en présence d’autorités françaises. Lors d’une conférence, Nehbi Bachir dira que « l’Algérie, ce n’est pas l’horreur comme vous vous l’imaginez, c’est un peuple cultivé qui écoute de la musique, a ses coutumes et ses traditions et est ouvert au monde «. Il dira aussi: «Dieu merci, la situation en Algérie est meilleure aujourd’hui, et ce, grâce à l’arrivée au pouvoir du président Abdelaziz Bouteflika «. Nehbi, en ambassadeur digne de son pays, s’est entretenu avec divers groupes venus des quatre coins du monde pour participer à ce festival. Sa troupe a même eu le privilège de donner des cours de rythme et percussions dans des écoles de Bordeaux. Il déclarera également «nous sommes là pour représenter l’Algérie et la chanson oranaise «. Ce qui a été fait de façon somptueuse pour clôturer cet événement devant 20.000 personnes venues assister à ce festival où des chansons du terroir oranais ont été interprétées par, respectivement, Maâti Hadj, Beldjillali Mokhtar, Morsli Baroudi, Sidi Adda, sans oublier l’orchestre national de Barbès, les deux groupes de jeunes de Karkabou et de Rap. Ainsi, tout le mérite revient à Nehbi Bachir qui, avec brio, a su faire rayonner en un rien de temps le vrai visage de l’Algérie authentique à travers sa ville bien aimée Oran qu’il chérissait tant. Repose en paix, cher ami et frère, et comme dit le dicton «qui ne t’a pas connu, t’a perdu». Bachir Guenniche et Mokhtar Beldjillali
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