Algérie

Mostaganem

Fausse alerte aux criquets La capture d?une seule sauterelle a provoqué une réaction en chaîne au niveau des services administratifs et techniques de la wilaya de Mostaganem. L?alerte générale a été déclenchée lorsque les autorités de Sidi Ali ont annoncé la capture d?une minuscule sauterelle locale qui vit de manière endémique dans toute l?Afrique du Nord et qui ne représente aucun danger, ni pour les hommes, ni pour les animaux, ni à fortiori pour les cultures. Dès l?annonce de sa capture, c?est le responsable de la station de l?INPV de Mostaganem - qui revient d?un séjour de plus de deux mois de la région de Djelfa où il dirigea le PC de suivi contre le criquet pèlerin - qui fera le déplacement sur site. Quelle ne fut sa surprise lorsqu?il constata de visu que la bestiole qu?on lui présentait appartient à l?une des 7 000 espèces de criquets endémiques - qu?il ne faut pas confondre avec les dix espèces grégaires que l?on rencontre normalement tant en Europe qu?en Afrique ou en Asie du Sud-Est, seules capables de migrations saisonnières ravageuses - dont les spécimens sont au demeurant parfaitement connus des fellah et des techniciens. L?information qui circula durant la fin de semaine ne manqua pas de provoquer des réactions contradictoires mais néanmoins alarmistes. Psychose... Pour les plus sceptiques, il s?agissait réellement du début d?invasion tant redouté mais jamais démontré à ce niveau du territoire national et encore moins à cette période de l?année. Pour les techniciens avertis, il ne pouvait s?agir que d?un canular vite éventré par la réalité. Car, si, sur les aspects morphologiques, les ressemblances peuvent tromper, il ne peut en être de même s?agissant de la taille qui n?excède pas 5 cm pour les endémiques et plus de 7 cm pour les migrateurs. La psychose entretenue depuis octobre 2003 quant à une imminente invasion des plaines côtières par le criquet marocain trouve ainsi son épilogue à Sidi Ali qui se trouve à seulement 5 km de la mer et moins de 20 km de Aâchaâcha, connue pour abriter un biotope idéal pour ces inoffensifs sautériaux. Pourtant, les rares spécialistes algériens de ce ravageur continuent de privilégier un traitement de proximité qui pourrait être assuré par un dispositif au sol, ultra léger, associant les fellah et les techniciens des services agricoles que tous s?accordent à qualifier d?efficace et de peu onéreux, comparativement aux gros moyens sollicités jusque-là. A la station de l?INPV de Sayada, un élevage vient de donner ses premières larves. Une jeune et dynamique équipe d?ingénieurs est à pied d??uvre depuis deux mois afin de reconstituer le cycle biologique du criquet pèlerin dont les parentaux ont été ramenés de Ramka et Oued Sellam, contrées de la wilaya de Relizane limitrophes de la région steppique de Tiaret. Ainsi, la bonne vieille méthode de l?expérimentation vient d?être remise au goût du jour par ces agronomes qui, à l?aide des moyens de bord, montrent fièrement les minuscules larves blanches âgées d?à peine une heure et dont la voracité est mise à l?épreuve dans un pullulier de fortune. 
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