Algérie

Mort dans un incendie au commissariat de Bab El Oued


La famille de Karri Ben Moussa exige la vérité La famille Karri continue à réclamer la vérité sur la mort tragique d?un des siens, Karri Amer Ben Moussa, dans le commissariat de Bab El Oued, à Alger, le 4 février dernier. Dépressif, ce dernier, âgé de 30 ans, est décédé deux jours après son interpellation par des policiers, à la suite d?un incendie qui a ravagé les locaux du commissariat. Son frère Noureddine raconte que Ben Moussa suivait une thérapie à l?hôpital psychiatrique Frantz Fanon, à Blida. « Il est allé le 2 février dernier à Alger, dans le but de ramener ses analyses du CHU Mustapha Bacha où il devait se faire opérer des reins. Mais il a été interpellé par des policiers à Bab El Oued, qui, après une fouille, ont trouvé sur lui des psychotropes. Ils l?ont dirigé directement vers le commissariat de Bab El Oued où il a passé la nuit. Le lendemain, 3 février, il a été présenté au procureur de Baïnem. Ce dernier lui demande alors des certificats médicaux et son carnet de santé comme preuves de sa maladie. Il contacte alors son cousin Karri Kamel, résidant à Réghaïa, pour l?informer de la situation et lui demander de lui fournir les documents médicaux. Une fois sur les lieux, Ben Moussa a remis à son cousin les clefs de son appartement à Bordj Bou Arréridj, où se trouvait tout son dossier médical », a déclaré Karri Noureddine. Le lendemain, a-t-il ajouté, soit le 4 février, Karri Kamel s?est présenté au commissariat, mais c?était trop tard. Un incendie s?est déclaré au commissariat, dimanche entre 14h et 15h, causant la mort de Ben Moussa. Le rapport du médecin légiste (dont une copie nous a été transmise) fait état de brûlures du 3e degré sur 90% du corps. La sûreté de wilaya d?Alger, dans une conférence de presse animée quelques jours après cet incident par le chargé de la communication, a expliqué que la victime « avait profité de l?absence des gardiens pour mettre le feu à sa cellule à l?aide d?un briquet qu?il avait sur lui ». La famille conteste cette version en affirmant que les cellules du commissariat sont dépourvues de lits et de couvertures. A supposer que ces cellules en soient équipées, comment se fait-il que les policiers ne se soient pas rendu compte de la propagation des flammes ? Si mon frère avait voulu se suicider, pourquoi ne l?avait-il pas fait plutôt en ingurgitant une forte dose de ses médicaments ? Autant de questions auxquelles la famille Karri exige des réponses. La justice a, pour sa part, été saisie de cette affaire puisqu?une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Bab El Oued, situé à Baïnem. Contacté, le service presse de la sûreté de wilaya d?Alger a confirmé ses précédentes déclarations en précisant que l?affaire est actuellement en instruction. « Alors, laissons la justice faire son travail ». La famille Karri, quant à elle, ne veut pas lâcher prise et a déjà saisi la Commission consultative nationale de promotion des droits de l?homme, présidée par maître Farouk Ksentini.

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