Algérie

Mittal Steel

Retour sur une cession «mal négociée» «Notre seul et unique interlocuteur est le Chef du gouvernement et nul autre», avait déclaré à l’époque de la négociation le représentant d’Ispat, le partenaire majoritaire de Sider. Cette sentence a l’air de bien fonctionner aujourd’hui puisque les dirigeants actuels de Mittal Steel restent sur cette même attitude, à savoir de passer en force et sans même attendre une quelconque réaction du partenaire social, en l’occurrence le syndicat d’entreprise qui est décrié par l’ensemble des travailleurs. «Le syndicat, présidé par Aïssa Menadi, est rentré dans les rangs jusqu’à devenir un allié inconditionnel de toutes les actions entreprises par les gestionnaires indiens», soutiennent des travailleurs qui contestent, aujourd’hui encore, la légitimité de leur syndicat en l’accusant d’avoir «laissé le terrain libre» à l’employeur pour «recruter et licencier à sa guise». Ils dénoncent dans la même foulée les négociations de 2001 qui ont permis à ce géant de l’acier de prendre possession de 70% des actifs de Sider. Selon les travailleurs de Mittal Steel de Annaba, «les engagements consignés dans les accords collectifs n’ont pas été respectées». Pour l’instant, le statu quo demeure et les représentants des travailleurs exigent l’élaboration d’un organigramme avant que les 1.200 travailleurs partent à la retraite et le pourvoi des postes vacants. Cette remise en cause par les travailleurs de l’ex-Sider, un fleuron de l’industrie algérienne, remet au goût du jour la stratégie adoptée par l’Etat en matière de privatisation des entreprises publiques. Celle qui était présentée comme l’exemple vivant d’une privatisation réussie est maintenant décriée par les travailleurs de l’ex-Sider, du port d’Alger et d’autres entités économiques. Pourtant, l’Etat algérien a consenti d’énormes avantages fiscaux à Ispat: couverture de l’APSI étalée sur 10 années, effacement de toutes les dettes Alfasid, une filiale de Sider, une réduction de 30% sur les redevances globales de l’électricité, du gaz et de l’eau et un engagement de la cession des mines de l’Ouenza en contrepartie de 20 millions de dollars, la prise en charge de la masse salariale et la préservation des 6.000 postes de travail existants pour une durée de 4 ans. En contrepartie des conditions imposées par le repreneur aux autorités algériennes, le leader mondial de la l’acier devait mener d’importants investissements pour augmenter la production et surtout remettre à niveau le complexe sidérurgique d’El-Hadjar. Ces «conditions» ont été jugées bien en deçà de la valeur du patrimoine de la défunte Alfasid que les experts du bureau d’études français, Roux, avaient estimé à 980 millions de dollars. Six ans plus tard, les 8.300 travailleurs des unités de production et de commercialisation d’Arcelor Mittal Steel Algérie, implantées dans les régions d’Annaba, El-Hadjar, Hussein Dey, Réghaïa, Blida, Ksar El-Boukhari, Oran, El-Khroub et Skikda, se sont mis en grève. Au moment de la prise de possession des 70% des actions de Sider, cette dernière employait 14.000 personnes. En 2007, le nombre de travailleurs baissait à 8.300, soit une perte de 5.700 emplois. Avec la cession de ladite mine de fer, le sidérurgiste indien pouvait bénéficier d’un minerai de fer à bon marché et extrait localement. Sur le plan commercial, le nouveau propriétaire avait un important marché dont les capacités de production ne pouvaient couvrir que 60% de la demande. En plus de la disponibilité de la matière première, d’une énergie disponible, d’une main d’œuvre à bon marché, un coût de production inférieur, le repreneur ne devait que produire un investissement minimum pour augmenter la production. Depuis 2001, date de l’achat de 70% des actions de Sider, aucun bilan financier annuel des activités du groupe indien en Algérie n’a été rendu public. Mieux encore, le groupe sidérurgiste compte réduire son effectif pour arriver à l’horizon 2008 à 5.200 travailleurs. Les autorités algériennes ne semblent pas trop s’intéresser à ce géant de l’acier pourvu que la paix sociale soit maintenue. L’Etat algérien, qui a cédé 70% des actions de Sider, est interpellé ainsi pour exiger des comptes à Arcelor Mittal Steel et l’amener à s’asseoir autour d’une table avec les représentants légitimes des travailleurs pour mettre en œuvre un plan social acceptée par les deux parties. Said Farhi
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