Algérie

Mines antipersonnel


Trois millions de mines encore aux frontières L?Algérie est le premier pays à détruire totalement, avant avril 2006, ses stocks de mines antipersonnel (évaluées à 150 050 unités), a précisé, hier l?hôtel El Aurassi, Steve Goose, directeur de Human Rights Watch (HRW). Cela à l?occasion du lancement de l?édition 2005 de l?Observatoire des mines simultanément à Alger, Zagreb (Croatie) et à Medellin (Colombie). Annuellement, cette manifestation est organisée par une coalition de 1400 ONG et de 90 pays activant dans le domaine de l?action contre les mines. Présente à la cérémonie d?Alger, Mme Joddie Williams, prix Nobel de la paix 1997 et coordinatrice de la campagne internationale contre les mines (ICBL), a rendu hommage au rôle de leadership que l?Algérie a joué dans la destruction de ces armes. Pourtant, Mohamed Bedjaoui, ministre algérien des Affaires étrangères, a estimé que « les succès remportés ne doivent pas minimiser le chemin qui reste à parcourir ». Il indiquera que le 4 avril est consacré par l?ONU comme Journée internationale de sensibilisation aux dangers des mines. Ceci sans manquer de rappeler que des milliers de blessés et d?handicapés sont signalés à ce jour à cause des mines disséminées, durant l?époque coloniale, aux frontières est et ouest. Quelque 3 millions de mines demeurent encore enfouies malgré la destruction, entre 1963 et 1988, de 8 millions de ces armes destructrices alors que la France n?a pas fourni à l?Algérie la cartographie pour identifier les lieux de présence de ces armes, dira Djamel Ould Abbas, ministre de l?Emploi et de la Solidarité nationale. Ce dernier lancera un appel pour qu?à partir d?Alger soit lancée une campagne pour une prise en charge médico-psychologique des victimes des mines antipersonnel. Pour sa part, Ayman Serrour, directeur exécutif de l?ONG Protection contre les armes et membre de l?ICBL, a relevé que cinq pays arabes seulement sont signataires de la Convention d?Ottawa (Algérie, Tunisie, Jordanie, Yémen et Qatar). Selon toujours cet expert, l?Egypte, le Maroc, la Libye restent encore à la traîne malgré certains engagements de leur part. Concernant le cas du Polisario, le gouvernement sahraoui a demandé à adhérer à la Convention lorsqu?on sait que le Maroc a placé des centaines de mines dans le territoire du Sahara-Occidental. L?Algérie, qui a achevé lundi dernier la destruction à Hassi Bahbah (Djelfa) de son stock de mines antipersonnel, copréside actuellement le Comité de déminage au sein des comités permanents de coordination de la Convention d?Ottawa. Une convention qui interdit l?usage, le stockage et le transfert des mines antipersonnel. Mais reste que des pays comme les Etats-Unis, la Russie et la Chine ne l?ont pas encore signée. D?ailleurs, Joddie Williams n?a pas manqué de signaler qu?« avec les USA, cela risque de prendre beaucoup plus de temps que les autres pays »
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