Quand on parle de la nouvelle allocation touristique, d'une valeur de 750 euros pour les adultes et 300 euros pour les enfants, accordée aux Algériens en déplacement à l'étranger une fois par an, tous les yeux se tournent vers le marché noir des devises.
Dès qu'on parlait de l'entrée en vigueur de cette nouvelle allocation, annoncée à deux ou trois reprises durant les six derniers mois, avant son report au 20 juillet dernier, le marché parallèle des devises subissait un repli du taux de change, léger mais significatif quant à l'impact de l'application de la nouvelle allocation touristique.
Et, cette fois-ci, presque trois jours avant le 20 juillet dernier, date d'entrée en vigueur de l'allocation touristique à 750 euros, le marché parallèle des devises a enregistré ses premières fluctuations sur la valeur de l'euro, qui a atteint avant cette date plus de 260 dinars contre un euro, et qui a chuté en deçà des 260 euros après l'officialisation de l'entrée en vigueur de la nouvelle allocation touristique.
Au total, la baisse de la valeur de l'euro a atteint, hier, 6 dinars (un euro contre 254 dinars à l'achat). Toutes autres devises ont subi le même impact, soit une baisse de valeur (le dollars US écoulé à 218 dinars, subissant une perte de 2 dinars, la livre sterling à 292 dinars, subissant une perte de 4 dinars, jusqu'au dinar tunisien, qui a perdu un dinar dans les transactions sur le marché noir des devises).
On voit bien que l'allocation touristique à 750 euros a eu un impact sur le marché noir des devises, mais on ne sait pas comment la situation va évoluer dans les prochaines semaines et les prochains mois.
Les cambistes sur les principales places du change parallèle des devises restent circonspects. Pour le moment, l'allocation touristique à 750 euros a provoqué une baisse de la demande sur le marché noir, durant cette période estivale qui enregistre de nombreux déplacements des citoyens à l'étranger, mais il faut s'attendre à des changements après cette ruée sur les bureaux de change au niveau des banques publiques opérationnelles dans ce créneau, estime Mourad, un cambiste expérimenté. Non sans faire remarquer que cette allocation est attribuée une seule fois par an, et les citoyens qui effectuent plus d'un voyage à l'étranger, ainsi que les petits importateurs, seront contraints de revenir au marché noir des devises. Selon nos interlocuteurs, qui parlent d'une « euphorie passagère », il n'y a pas que les voyageurs occasionnels qui recourent au marché noir des devises, et la majorité parmi ceux qui effectuent cette opération de change au niveau du marché officiel (au niveau des banques) ne sont pas les gros demandeurs des devises. Pour cette raison, et à cause des premières opérations de change au niveau des banques (qui ne se renouvellent pas durant toute une année), les taux de change sur le marché parallèle devraient inévitablement renouer avec la hausse, estime-t-on.
D'autres cambistes relèvent les conditions accompagnant l'attribution de cette nouvelle allocation touristique, qui ne sont pas toujours faciles à remplir par tous Algériens lors de leurs déplacements à l'étranger. Et puis, certains ont besoin de bien plus de 750 euros pour passer leur séjour à l'étranger, et ils viendront à coup sûr chercher un appoint sur le marché parallèle, raillent certains cambistes.
A vrai dire, ce sont les acheteurs réguliers des devises, les importateurs de cabas, notamment, pas les acheteurs occasionnels qui partent en vacances une fois par an, qui gardent au marché des devises toute son énergie.
L'allocation touristique est une bonne initiative pour les touristes algériens, qui gagnent au change, mais pour faire baisser les taux de change sur le marché noir des devises, c'est une tout autre histoire, qui laisse envisager la mise en œuvre d'autres moyens impliquant la valeur réelle du dinar et l'état de l'économie nationale, notamment.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : le marché de change formel : une nécessité
Source : www.lequotidien-oran.com