Algérie

Littérature féminine algérienne plurielle


Littérature féminine algérienne plurielle 7ème partie et fin Abeer Sarrir, cette poétesse des plus audacieuses dans le monde Maghrebo-Arabo-musulman, et qui a persisté en signant d’autres romans non moins importants («le passager» étant son 3ème roman) serait née en 1953 à Alger. Après des études universitaires à la faculté d’Alger, elle va poursuivre ses études à Paris où elle présentera une thèse de troisième cycle sur «La femme dans la littérature algérienne», sous la direction de l’éminent Jacques Berque. Son premier recueil de poésie «Au havre des jours» paru en 1972, et «Ecriture nue» paru en 1976 à Beyrouth sont annonciateurs d’un ton et style autres. En effet, tôt déjà dans ces deux recueils, la poétesse mettait en exergue le problème de la démocratie, de la répression de la femme, de l’amour, réclamant liberté et droit à l’expression et à l’initiative concertée pour faire œuvre utile et constructive, disant nettement ce qu’elle vit ,sans détour de mots ou de sens, loin des discours voilant la spontanéité et la franchise.Ahlam, tout autant que les poètes algériens de graphie française, exprime une angoisse, un malaise d’être et une impatience de se dire en toute sincérité, révélant par la même l’émancipation bien comprise de la femme revendiquant incessamment la liberté pour construire, rebâtir, aller toujours de l’avant... Comme le signalait Jean Dejeux. Ahlam, nom qui signifie «rêves» et sens du merveilleux en arabe, écrit plutôt sur les cauchemars vécus en plein jour, d’un présent amer, dont elle n’en a que l’amertume qui pèse sur son épanouissement et qu’elle ne pourrait maquiller en termes et propos simulacres, exhalant une réalité plus poétique, plus romantique, et moins dramatique ... et pour cause. L’écrivaine fait partie d’une génération d’écrivaines, et d’une pléiade de poétesses profondément imprégnées des maux qui rongent la société, quêtant constamment un nouvel espace d’expression libéré du discours rétrograde embrigadant, ou politico-religieux extrémiste, du machisme féodal populiste, des carcans du passé et du milieu ambiant antimoderniste à souhait quand ça l’arrange (les idées de la modernité sont rejetées mais les produits technologiques et industriels tels la voiture, l’ordinateur, la télévision etc.. eux sont bénis et acceptés). Cette jeune génération, insurgée contre les normes sclérosantes du passé, comme en témoigne sa nouvelle poésie ( à l’image d’une Mabrouka Bensaha « Bourgeons» aux vers pleins d’amour et d’amertume amorçant une nouvelle donnée dans l’écriture poétique féminine) qui se distingue par ses innovations au niveau du style, des formes, du contenu et d’une esthétique en général liée charnellement au quotidien et au vécu social où le corps de la femme, si souvent étouffé, est mis en valeur contrebalançant le tabou de l’image de la femme-objet, soumise et possédée. Cette image de drame et de désespoir, que la poésie des années 90 en a répercuté l’amer écho de poètes déchirés autant que l’est le corps social (après la regrettée Safia Kettou, deux jeunes poètes se sont suicidés: Abdallah Boukhalfa quelques jours avant l’explosion -rupture d’octobre 1988- et Farouk Smira en été 1994). La nouvelle génération de femmes écrivaines, comme Ahlam Mosteghanemi, Zineb Laouedj, Rabia Djalti, Mabrouka Bousaha, ... ou encore les jeunes plumes montantes de la littérature dite de l’urgence, Yasmina Salah, Rachida Khouazem etc..., s’est jurée d’aller jusqu’au bout du défi relevé de s’imposer en tant que citoyenne à part entière, et de contribuer par-là même à l’émancipation concrète de la femme, tant il est vrai q’une femme qui écrit vaut son pesant de poudre «(dixit Kateb Yacine), surtout dans un milieu qui ne favorise guère, sinon très peu, l’évolution de la gent féminine et partant de la société en général.
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