
Hamza Hichem - El Moudjahed
Le cinéma algérien a toujours vécu et souvent sans la régler correctement, la problématique de l'oeuvre littéraire et de son adaptation au grand écran. Le réalisateur Ahmed Rachedi et le romancier Mohamed Maarfia ont soulevé la question, d'autant plus qu'elle continue à se poser aujourd'hui au cinéma algérien.
Lors d'une rencontre intitulée «Littérature et adaptation cinématographique», organisée à la librairie Chaïb-Dzaïr de l'ANEP à Alger, les deux conférenciers ont traité le thème de la littérature écrite et de son adaptation au cinéma. Ce sont deux genres qui sont considérés comme «un couple un peu particulier», car il y a des fois une trahison et une infidélité entre le cinéma et la littérature écrite c'est pourquoi le rôle du scénariste est important pour transposer l'oeuvre littéraire écrite à un scénario, tout en gardant le même esprit et sans la trahir. Après avoir considéré que la littérature écrite et le septième art sont deux univers qui se nourrissent l'un l'autre, le modérateur de la rencontre, Sid Ali Sekhri, a soulevé maintes questions sur la relation entre tout ce qui a trait au littéraire et ce qui relève de l'oeuvre cinématographique, en définitive, cerner la question de savoir «comment la littérature nourrit le cinéma», il évoque des exemples, dont le roman l'Incendie, de l'éminent écrivain Mohammed Dib, qui a été adapté et réalisé à la télévision par le regretté Mustapha Badie. Un feuilleton qui a eu un énorme succès populaire. Il en est de même pour le roman l'Opium et le bâton, de Mouloud Mammeri, adapté au cinéma et réalisé en 1969 par Ahmed Rachedi. À ce sujet, M. Sekhri a posé la question au réalisateur Ahmed Rachedi, lui demandant si le roman Nedjma, de Kateb Yacine, était facile à adapter au cinéma ? La réponse est qu'«il est difficile de porter cette oeuvre emblématique de la littérature algérienne à l'écran». Dans ce contexte, Ahmed Rachedi a cité quelques difficultés qui se posent au cinéma national, dont un problème de langue et du dialecte local. De son côté, le romancier Mohamed Maarfia a tenu à préciser, au début, que «la lecture en Algérie a régressé, et les jeunes ne lisent pratiquement pas».
Le conférencier a dit que «le scénariste est un trait d'union entre un film et un roman». Après avoir appelé les gens à connaître le drame vécu par les Algériens avant le recouvrement de la souveraineté nationale en 1962, le romancier a souligné l'importance d'adapter des oeuvres écrites au cinéma, et le rôle des artistes qui doivent s'impliquer grandement dans ce sens. De leur côté, le public présent à cette rencontre, notamment des artistes et des écrivains, a discuté du cinéma d'aujourd'hui et du passé, tout en précisant que «les scénaristes existaient par l'écriture et la technique aussi, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui». Par ailleurs, les intervenants ont dit aussi que le langage d'un cinéaste et d'un auteur n'est pas le même, c'est pourquoi des gens ont accédé à la littérature écrite à travers les feuilletons.
Posté par : litteraturealgerie