Algérie

Les prix, loin du marché Point net

L'union générale des commerçants algériens (UGCA) s'est transformée, le temps d'un intérêt de la presse, en boite à prévisions : les prix des denrées alimentaires vont augmenter de 20% pendant le Ramadhan, prophétise-on du coté du syndicat des épiciers.
On sait que ce n'est pas la vocation de cette organisation de faire des « prévision » sur les prix de la pomme de terre et des pruneaux, mais on connait sa propension à se prendre au sérieux, comme toutes les autres organisations du genre par ailleurs. La presse s'est sentie obligée de se pencher sur les prix « à l'approche du Ramadhan » '
Pourquoi les commerçants ne jugeront-ils pas utiles d'inventer une « étude effectuée par ses propres soins » qui a conclu à une augmentation des prix « des denrées alimentaires » de l'ordre de 20%. Et puisque c'est d »étude qu'il s'agit et que ça a donc l'air d'être sérieux, on aura d'emblée remarqué la précision des données. On ne saura jamais ni quelles techniques ni quelles moyens utilisés, on ne saura pas non plus quel terrain a été « étudié » par quel personnel, mais on aura su que quelque part, on veut bien nous faire savoir. Ou nous faire croire.
Il n'est pas question de faire la différence entre les produits aux prix plus ou moins stables et ceux qui subissent les fluctuations les plus spectaculaires. Il n'est pas non plus de différencier les produits selon leur nature. Pas question non plus dire un mot sur l'évolution dans le temps de cette augmentation ni l'éventualité d'un retour à la normalité. Pas question de distinguer le pain et les pruneaux, la courgette et les confitures. Les prix des denrées alimentaires vont augmenter de 20%. C'est ainsi, puisque il n'est question qu'il en soit autrement. Y a-t-il quelqu'un pour dire que les prix ne vont pas augmenter, on va lui rire au nez, on va lui demander d arrêter de nous prendre pour des sots et on aura raison, il n'y a pas de risque la dessus.
Les prix vont augmenter, puisqu'il suffit à ceux qui ont intérêt à ce que les prix augmentent le décident. Le marché, son offre et sa demande sont impuissants face à toutes les augmentations artificielles, c'est ainsi. Le ministère du commerce peut bien nous « rassurer » comme chaque année, on sait ce que ces assurances ont couté aux ménages et ce que ça va encore leur couter cette année. Et les années à venir tant que les règles du marché ne retrouvent pas leur souveraineté sur les prix. Les autorité savent qu'elles ne peuvent pas agir par des mesures normales sur des situations qui ne répondent pas à la normalité. Sinon, ça fait longtemps que les prix de la viande auraient retrouvé une certaine « humanité »,
du moins pendant le mois de Ramadhan où l'Etat a essayé de stabiliser le marché par un recours massif à l'importation. Sinon, ça fait longtemps que la pomme de terre, un produit qui ne connait pas de surconsommation particulière aurait gardé ses prix de période ordinaire. Enfin, ça fait tellement longtemps qu'il nous « rassure » qu'il est devenu inaudible.
Il importé des pommes de terre et la pomme de terre a augmenté pendant le Ramadhan. Il a importé de la viande fraiche et de la viande congelée et on l'a vendue au même prix que la viande locale. Il a annoncé la « mobilisation » de milliers d'équipes de contrôleurs et on sait que cela n'a servi à rien. On sait qu'une « augmentation des prix des denrées alimentaires de l'ordre de 20% » telle que cela a été formulée par l'union générale des commerçants algériens (UGCA) ne veut strictement rien dire, mais on sait que ça va augmenter.
Et quels produits seront encore à l'honneur. Ils ne sont ni les plus rares ni les plus recherchés. Certains sont même de consommation récente, quand ils ne sont pas simplement étrangers à nos traditions culinaires. Mais Ramadhan est ainsi, il a ses fatalités. Tout le monde fait encore une fois sourire en parlant des prix. Avant que le sourire ne se fige. De fin, de soif et de chéreté. Tout le monde fait sourire, y compris ces sombres défenseurs des consommateurs qui appellent à' l'abstinence !
Par Slimane Laouari
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