
A l'approche de chaque fête, le même scénario se répèteNi les subventions ni les contrôles au marché ne résistent à la loi implacable de l'offre et de la demande.Tout un chacun a, ces derniers jours, parcouru les marchés, particulièrement devant les étals de marchands de volaille. La coutume veut en effet, pour ce soir-là, un dîner «garni au poulet», «Mawlid Ennabaoui» oblige! Mais le prix du kilogramme de ce très «cher» poulet s'est envolé et varie entre 320 et 480 DA quand ce n'est pas plus! Cela s'apparente à une véritable «agression» contre les ménagères pestiférées qui qualifient ces vendeurs de tous les noms d'oiseaux devant cette hausse engendrée par une autre hausse, celle de la demande. Cette situation récurrente nous interpelle pour «se» questionner si même dans une économie qui évolue dans un marché dit «libre», les décideurs du secteur commercial ne peuvent pas prendre des arrêtés courageux et freiner un tant soit peu cette course effrénée vers le profit au détriment d'une population déjà «sur les genoux» face aux hausses des prix intempestives et injustifiables des produits alimentaires'Ainsi, que ce soit à l'approche de l'Aïd El Adha, lors duquel le prix du mouton du sacrifice atteint des sommités inouïes ou que ce soit à l'approche de chaque fête religieuse (elles sont nombreuses) à l'occasion desquelles le citoyen désire offrir à sa famille un modeste dîner agrémenté par du poulet, une fois n'est pas coutume, le même scénario apparaît et s'impose au nez et à la barbe de nos responsables élus et autres élus.Il est notoire que les Algériens consomment beaucoup de poulet à l'occasion des fêtes religieuses comme aujourd'hui le Mawlid Ennabaoui. Cette occasion, qui entraîne une hausse sensible de la demande, est propice aux spéculateurs en mal de profits illicites, pour «plumer et dépouiller» encore plus le citoyen lambda soumis à ce diktat malgré lui face à des coutumes de consommation souvent très dépensières.Son prix qui caracole jusqu'à 480 DA, même à l'intérieur du pays comme l'affirme toute la presse réunie, donc à proximité même du producteur, pourrait à la rigueur extrême, expliquer cette flambée des prix constatée surtout à la veille des fêtes religieuses. Economiquement parlant, la (trop) faible production des petits éleveurs, qui forment pas moins de 80% de la masse des fournisseurs avec 10.000 à 30.000 têtes sur le marché quotidiennement, ne peut réellement répondre à une demande fort exceptionnelle en de pareils jours. Le reste des producteurs, étant composé de grandes unités de production, approvisionnant elles-mêmes d'autres grandes unités de consommation comme les établissements hospitaliers, scolaires, de corps constitués... qui n'ont aucun impact sur le pouvoir d'achat du citoyen. Mais là où le bât blesse, ce sont les subventions «inutiles» accordées par l'Etat pour l'importation d'aliments pour volailles. Celles-ci sont même accompagnées de la suppression de la TVA (taxe à la valeur ajoutée), et ce, depuis plusieurs années déjà. L'autre aspect, fort négatif et significatif, est l'insuffisance de l'offre face à une riche demande qui ne cesse de s'accroître au vu des prix affichés par la viande rouge. Le citoyen averti, qui connaît ces mesures et l'état de ce marché, ne verra dans ces évolutions à la hausse qu'une pure forme spéculative que d'aucuns justifient par la loi du marché qui n'obéît, elle, qu'à la règle sacro-sainte de l'offre et la demande.Nonobstant une timide chute des prix après l'Achoura, autre écueil pour la bourse, le prix du poulet a encore «osé» s'afficher de façon vertigineuse à la barre des environs de 400 DA et plus le kilogramme. Du jamais-vu, pestent, ici et là, des ménagères soucieuses de veiller à la préparation d'un «dîner» qui ne saurait l'être sans poulet ou tout autre volaille, sans toutefois prétendre à un faisan, loin de là... La demande est là en effet. Elle est très élevée en ces périodes de fêtes. La loi du marché est implacable, n'en déplaise au pauvre bougre de consommateur qu'est le chef de famille fragilisé par d'autres hausses qui ont déjà touché les fruits et légumes frais et secs et dont le porte-monnaie n'a de cesse de s'éroder au gré des spéculateurs de tous bords qui le raclent, et continueront à le faire si aucune riposte réglementaire n'est engagée. On pense ici par exemple à un strict et effectif contrôle ciblé sur le prix de revient et de vente, sur les conditions d'hygiène qui laissent à désirer chez certains et les conditions d'alimentation, quand on sait que nombre d'éleveurs nourrissent en bonne partie leur élevage avec du pain rassis ramassé dans les rues, pour ne pas dire dans les poubelles, par de pauvres hères et revendu à un prix dérisoire qui ne saurait compenser leurs efforts fournis ni les économies réalisées à travers les importations subventionnées d'une nourriture adéquate pour un élevage de qualité qui puisse répondre aux impératifs de santé du citoyen algérien.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim AMARNI
Source : www.lexpressiondz.com