Algérie - Revue de Presse

Les patrimoines protégés



Hasard du calendrier, juste avant que les pillards allemands ne soient condamnés par la justice algérienne, Hafnaoui Ghoul a été libéré de sa prison de Djelfa après avoir été condamné, lui, pour pillage d?informations protégées par le système en place, qualifié unanimement d?archéologique par tous les professionnels du secteur. Tout comme pour les Allemands voleurs d?histoire, pour le journaliste, le message délivré avait le mérite d?être clair : l?information est patrimoine de l?Etat et de ses dirigeants, son accès est réglementé, voire interdit, et contrairement à ce qui se passe autour du parc du Tassili, les contrevenants sont immédiatement poursuivis et arrêtés. Ce qui se passe au sein des wilayas est donc gardé par l?Etat et protégé par ses agents comme une fresque du néolithique. En attendant que le président Bouteflika gracie les Allemands lors de l?inauguration d?un forage ou d?un mur de soutènement à Illizi, il faut se rendre à l?évidence que le seul procès qui n?aura finalement pas lieu est celui des dirigeants qui ont donné des ordres précis pour mettre l?argent public dans les coffres percés d?El Khalifa Bank. Dans sa dernière intervention, Tayeb Louh, ex-syndicaliste devenu ministre, a situé les responsabilités dans la « non-responsabilité ». Ce n?est pas lui, ni son prédécesseur, ni encore la hiérarchie supérieure, mais de vagues comptables non identifiés qui traînent dans les institutions en s?autorisant des virements bancaires sans contrôle. Ce pillage de ressources nationales, organisé au vu et au su de tout le monde, ne donnera pas lieu à des condamnations. Il n?y aura pas de procès puisqu?il n?y a pas d?accusé. De là à ce que la justice explique qu?il n?y a même pas de crime, il n?y a qu?un pas. L?amnistie a ceci de particulier, elle est surtout fabriquée pour effacer les gros délits, les petits s?accrochant à leur suite.


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