Algérie

Les mille et une nuits

Histoire d’Aboulhassan Ali Ebn Becar et de Schemselnihar, favorite du calife Haroun Al-Raschid CLIe nuit Le prince de Perse, éperdument amoureux de la dame, la conduisit des yeux tant qu’il put la voir; et il y avait déjà longtemps qu’il ne la voyait plus, qu’il avait encore la vue tournée du côté qu’elle avait pris. Ebn Thaher l’avertit qu’il remarquait que quelques personnes l’observaient et commençaient à rire de le voir en cette attitude. «Hélas! lui dit le prince, le monde et vous auriez compassion de moi, si vous saviez que la belle dame qui vient de sortir de chez vous emporte avec elle la meilleure partie de moi-même, et que le reste cherche à n’en pas demeurer séparé! Apprenez-moi, je vous en conjure, ajouta-t-il, quelle est cette dame tyrannique qui force les gens à l’aimer, sans se donner le temps de se consulter. -Seigneur, lui répondit Ebn Thaher, c’est la fameuse Schemselnihar, la première favorite du calife notre maître. -Elle est ainsi nommée avec justice, interrompit le prince, puisqu’elle est plus belle que le soleil, dans un jour sans nuage. -Cela est vrai, répliqua Ebn Thaher: aussi le commandeur des croyants l’aime ou plutôt l’adore. Il m’a commandé très expressément de lui fournir tout ce qu’elle me demandera, et même de la prévenir, autant qu’il me sera possible, en tout ce qu’elle pourra désirer». Il lui parlait de la sorte, afin d’empêcher qu’il ne s’engageât dans un amour qui ne pouvait être que malheureux; mais cela ne servit qu’à l’enflammer davantage. «Je m’étais bien douté, charmante Schemselnihar, s’écria-t-il, qu’il ne me serait pas permis d’élever jusqu’à vous ma pensée. Je sens bien toutefois, quoique sans espérance d’être aimé de vous, qu’il ne sera pas en mon pouvoir de cesser de vous aimer. Je vous aimerai donc, et je bénirai mon sort d’être l’esclave de l’objet le plus beau que le soleil éclaire». Pendant que le prince de Perse consacrait ainsi son cœur à la belle Schemselnihar, cette dame, en s’en retournant chez elle, songeait aux moyens de voir le prince et de s’entretenir en liberté avec lui. Elle ne fut pas plus tôt rentrée dans son palais, qu’elle envoya à Ebn Thaher celle de ses femmes qu’elle lui avait montrée, et à qui elle avait donné toute sa confiance, pour lui dire de la venir voir, sans différer, avec le prince de Perse. L’esclave arriva à la boutique d’Ebn Thaher, dans le temps qu’il parlait encore au prince et qu’il s’efforçait de le dissuader, par les raisons les plus fortes, d’aimer la favorite du calife. Comme elle les vit ensemble: «Seigneurs, leur dit-elle, mon honorable maîtresse, Schemselnihar, la première favorite du commandeur des croyants, vous prie de venir à son palais, où elle vous attend». Ebn Thaher, pour marquer combien il était prêt à obéir, se leva aussitôt sans rien répondre à l’esclave, et s’avança pour la suivre, non sans quelque répugnance. Pour le prince, il la suivit sans faire réflexion au péril qu’il y avait dans cette visite. La présence d’Ebn Thaher, qui avait l’entrée chez la favorite, le mettait là-dessus hors d’inquiétude. Ils suivirent donc l’esclave, qui marchait un peu devant eux. Ils entrèrent après elle dans le palais du calife, et la joignirent à la porte du petit palais de Schemselnihar, qui était déjà ouverte. Elle les introduisit dans une grande salle, où elle les pria de s’asseoir. A suivre...
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