Algérie

Les maux de nos étudiants


“Faites un effort et ajoutez-moi un point et demi pour être admis. C’est juste un petit point pour se débarrasser de moi définitivement. Faites-le au non de l’humanité”, supplie un étudiant. Le professeur plongé dans la correction des copies des examens de rattrapage ne fait aucun commentaire. Après un long moment d’insistance, l’enseignant en question réagit avec un niet non négociable. Pris de colère, l’étudiant s’en prend à lui dans un langage peu élégant. Insultes et menaces. La salle des enseignants de l’Institut des sciences de l’information et des sciences de la communication (Isic) est devenue en ces derniers jours d’affichage des examens de rattrapage, un lieu de négociation où chaque étudiant vient mendier  quelques points pour être sauvés. “L’étudiant d’aujourd’hui est paresseux. Très peu parmi eux font des efforts de recherche et de lecture. Ils arrivent même à se faire passer les exposés d’autres sections. Leur but c’est d’être diplômés à tout prix, notamment par le copiage, la charité des points et l’intervention de personnes influentes”,  explique M. Kaced, enseignant à l’Isic. Bien entendu, cela ne s’applique pas pour tous les étudiants, mais selon les témoignages des enseignants, un étudiant sur trois a recours aux moyens non pédagogiques pour obtenir leurs modules. Alors que la norme est de quinze au maximum, nos étudiants sont entassés dans des groupes d’étude qui dépassent les 60. Ce qui empêche les professeurs de dispenser un enseignement digne. Interrogés sur le niveau, les étudiants reconnaissent leur démotivation et leurs lacunes, ils pointent du doigt sur le ministère de l’Éducation nationale. “Certes nous n’avons pas le niveau nécessaire comparé aux générations précédentes, mais ce n’est pas notre faute si nous avons des lacunes, nous sommes des victimes de l’éducation nationale et des systèmes d’orientation”, justifie Amel étudiante en langue française. “On m’a orienté dans la filière langue française alors que je n’avais  obtenu un 7/20 au baccalauréat. Moi je voulais m’inscrire en sciences politiques. Résultat : six ans pour l’obtention d’une licence”, enrage-t-elle..
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