Algérie

Les Libanais poussés à la guerre civile


Au Liban, les forces de la majorité gouvernementale quepréside Saâd Hariri, et celles de l'oppositionregroupées autour du Hezbollah dirigé par Hassan Nasrallah,ont franchi le pas de la confrontation pacifique vers l'affrontement armé.Depuis jeudi, les deux camps ennemis se disputent, en effet,les quartiers de Beyrouth Ouest, les armes à la main. La géographie du champ debataille a trop vite fait dire qu'il s'agit d'une guerre circonscrite à lacommunauté musulmane dont les protagonistes sont, d'une part, les Chiites duHezbollah et du Mouvement Amal, et les Sunnitesregroupés autour de Saâd Hariri, d'autre part. C'estcompter ainsi pour rien les reconfigurations provoquées par la crise politiquequi paralyse le Liban, à l'intérieur des communautés ethniques et desconfessions religieuses qui composent le Pays du Cèdre.Certes, les affrontements, qui ont embrasé Beyrouth-Ouest, opposent des musulmans entre eux. Mais lalogique qui les a déclenchés fera que la confrontation se généraliserainéluctablement car les autres acteurs libanais s'y engageront inéluctablementdans le camp avec lequel ils sont en alliance.Sauf évidemment, si la voix de la sagesse l'emporte et queles belligérants arrêtent immédiatement de vouloir régler leurs différents parla violence et reprennent le chemin du dialogue et de la concertation.C'est ce qu'en apparence leur demande la communautéinternationale. Sauf que cette communauté internationale feint, hypocritement, d'ignorerque la crise libanaise et le conflit fratricide qu'elle relance ont, pour causeprédominante, les ingérence étrangères qui se sont asservies les campsantagonistes au Pays du Cèdre. Ce sont ces ingérences qui empêchent lesLibanais de régler, pacifiquement entre eux, leurs problèmes nationaux.Le Hezbollah et les autres formations formant l'oppositionau Liban sont, c'est indiscutable, sous influence syrienne ou iranienne. Damas etTéhéran leur accordent des aides et des soutiens multiformes.La coalition, présidée par SaâdHariri, et le gouvernement Sinioura qu'elle défend, nesont pas moins sous influence étrangère que leursennemis. Eux, sont sous tutelle française, américaine et, en sous-main, israélienne.En faisant le jeu de ces ingérences étrangères, dont lesauteurs ont fait du Liban leur terrain de confrontation à distance par Libanaisinterposés, les camps belligérants à Beyrouth bradent, l'un comme l'autre, lasouveraineté nationale de leur pays.S'il faut dénoncer le blocage par le Hezbollah et sesalliés des institutions de l'Etat libanais, il faut tout autant fustiger legouvernement Sinioura et sa «majorité» qui, sousprétexte d'en finir avec la tutelle syrienne sur l'Etat libanais, se sontplacés sous protectorat américano-français.Ce qui se passe depuis jeudi à Beyrouth risque de débouchersur une nouvelle guerre civile au Pays du Cèdre. Ceux qui, de l'étranger, tirentles ficelles au Liban, semblent déterminés à faire jouer ce scénario qui, pourles uns et les autres, n'est que le prélude à leur confrontation généralisée àtoute la région proche et moyen-orientale.Pour s'être montrés lamentablement divisés, au Sommet deDamas, sur la question libanaise précisément, les Etats arabes ne pourrontqu'assister passifs au «grand et sanglant jeu» dont le pauvre Liban estl'échiquier.

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