Algérie

Les familles des deux diplomates algériens enlevés en Irak

« Au nom de Dieu rendez-nous nos enfants » Les familles Belaroussi et Belkadi, affligées et consternées par l?enlèvement de leurs enfants, gardent bon espoir de revoir sains et saufs Ali et Azzedine, détenus depuis jeudi dernier par le groupe irakien d?Abou Moussab El Zarqaoui. Depuis Alger et Béjaïa où ils habitent, les proches des deux diplomates ont, dans un cri émouvant, appelé à ce qu?on leur rende leurs enfants. Moncef, 36 ans, ne tient pas en place. Il semble à l?étroit dans la pièce d?un appartement à Chevalley, cité Armaf, quartier populaire sur les hauteurs d?Alger. Le fils de Ali Belaroussi, 62 ans, chargé d?affaires de l?ambassade d?Algérie en Irak, enlevé le 21 juillet dernier à Baghdad avec son collègue Azzedine Belkadi, 47 ans, célibataire, attaché diplomatique, maîtrise son angoisse. Les voisins de palier ont prêté aux Belaroussi leur appartement pour recevoir les nombreux parents et amis qui viennent aux nouvelles, mais surtout pour soutenir. Grillant cigarette sur cigarette, regard alourdi par les insomnies face à l?écran des chaînes arabes d?information, Moncef ne veut pas baisser les bras. « Je veux aller à Amman. J?attends le OK du ministère des Affaires étrangères. Ils sont en contact avec nous », dit-il. C?est dans la capitale jordanienne que se trouve le diplomate chargé de l?Irak. C?est là aussi où Alger aurait envoyé une mission d?experts dès le soir du rapt revendiqué via Internet par le groupe d?Al Zarqaoui. « On ne demande pas des nouvelles des autorités, car on sait qu?elles travaillent dans la discrétion. Alors, nous suivons Al Iraqiya, Acharqiya et les autres chaînes d?informations arabes », dit une des filles Belaroussi. Les trois filles et Moncef gardent un contact quotidien avec la maman, restée à Baghdad et qui ne compte revenir qu?en compagnie de « Baba Ali », comme l?appelle sa petite-fille, trois ans, au sourire radieux. Elle s?amuse avec les photos du diplomate enlevé montrées par les membres de la famille : Belaroussi au téléphone dans son bureau entouré de paperasse et sourire affiché, avec son épouse en tenue de pèlerinage dans un studio-photo des Lieux-Saints... « C?est Baba Ali... » La petite se rappelle que les grands-parents lui ont ramené des cadeaux de La Mecque, ... de l?eau de Zem-Zem aussi. Moncef se lève, fait un tour, montre d?autres photos de son père : à la maison entouré de deux bébés, attablé dans une terrasse d?un café à Versailles... Son avant-dernier poste avant Baghdad était Paris. A quelques mois de la retraite, prévue en septembre prochain, après vingt ans de carrière diplomatique, voilà la Land Cruiser et les hommes armés de cet incertain après-midi baghdadien qui surgissent ce jeudi 21 juillet plongeant les deux hommes et leur famille dans un insondable cauchemar. La petite-fille de Ali Belaroussi joue avec un chapeau aux couleurs bleu et jaune du Brésil. Quand on lui demande quand son grand-père rentre, elle n?hésite pas : « Ghadwa ! Demain ! » Et le reste de la famille qui suit en ch?ur : « In ch?Allah ! »
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