A l'exception des grandes sociétés, dont Sonatrach, Sonelgaz, et Cevital, les systèmes d'information (SI) restent méconnus d'une majorité d'entreprises algériennes. Malgré une timide prise de conscience, elles sont loin de leurs voisins au Maroc et en Tunisie, comme le montrent les débats d'une rencontre organisée la semaine dernière à Oran par le cabinet Ernst et Young.
Plus l'économie algérienne s'ouvrira, plus il sera nécessaire pour les entreprises de s'équiper en Systèmes d'information comme l'ensemble de ses concurrents au Maghreb et dans le monde, selon Philippe Ausseur, associé au bureau algérien du cabinet Ernst et Young, spécialisé dans le conseil aux entreprises, lors de la première rencontre du club des directeurs des systèmes d'information DSI organisée à Oran, la semaine dernière. Pour cet expert, l'Algérie peut mieux faire dans ce domaine. Quelque soit le secteur d'activité de l'entreprise et sa nature juridique (public ou privé), l'existence d'un système d'information est important, et va permettre d'automatiser des pans entiers de son fonctionnement et sa chaine de performance. Un fois mis en place, un SI doit être aussi protégé des risques qu'ils encoure, « par la mise en place de détecteurs et de barrières » d'intrusion. Selon lui, en Algérie, la protection n'est pas encore un grande souci. « Cela est dû, parfois, à une méconnaissance des risques et des problèmes, mais également parce, parfois, que le budget de sécurité n'a pas été prévu dans le budget initial ». L'Algérie reste quand même en décalage par rapport à ses voisins, selon le constat fait par le représentant de Ernst et Young. C'est plus vrai pour le Maroc que pour la Tunisie. « Le Maroc, a déployé de gros efforts pour l'informatisation et les systèmes d'information. Il a une économie plus ouverte qui a plus de maturité. L'apport des investissements venant de l'extérieur est important. Les grandes entreprises mondiales sont implantées dans ce pays. Elles ont, aussi, ramené avec elles leurs bonnes pratiques. Je pense que plus il y aura d'investissement étrangers ici en Algérie et plus les bonnes pratiques vont pouvoir s'installer », affirme M. Ausseur. Le décalage est encore plus important quand il s'agit de se comparer avec les entreprises du nord bassin méditerranéen. « Si ensuite vous remontez à une économie plus mature, de l'autre côté de la Méditerranée, tels que l'Espagne, la France ou l'Italie, le décalage est encore plus marqué. On est dans une économie qui est de plus en plus numérisé. Le e-commerce dans ces économies est très fort. Il y a des ponts entiers de l'économie qui ont basculé totalement vers le e-commerce. Là, le système d'information est une clé du développement ».
Pas de sous-traitance pour le système d'information
Sur le coût d'investissement pour l'installation d'un SI, l'associé de Ernst et Young a précisé qu'il y a d'abord un investissement à faire « par la mobilisation des forces vives de l'entreprise », à travers la formation, « pour assurer le changement et instaurer la transversalité dans l'entreprise ». « Ensuite, il y a l'investissement financier à faire tout en considérant le SI comme un projet pérenne centré qui permettra à l'entreprise d'évoluer ». Faut-il faire appel à des compétences extérieure pour la mise en place d'un système d'information ' La réponse de l'expert est sans appel. « Je ne crois pas que la mise en place d'un système d'information pourrait être confiée à un acteur extérieur à l'entreprise. On parle de stratégie de l'entreprise. Vous ne pouvez pas confier votre stratégie à quelqu'un d'externe. Sous-traiter l'installation d'un SI à 100% serait très dangereux, et l'entreprise perdrait en performance. Par contre, la sous-traitance que je conseille est d'avoir un éclairage sur ce qui se fait ailleurs. L'intérêt, parfois, lorsqu'on décide de mettre en place un système d'information, est de se comparer aux autres et de trouver les bonnes idées ailleurs. Dans ce cas, il faut faire appel à un cabinet conseil », affirme cet expert. Pour un ancien cadre de Sonatrach, si les entreprises n'investissement pas dans les SI, c'est par faute de marché. « Nous ne sommes pas tellement prêts à investir réellement dans tout ce qui est système d'information, parce que les entreprises ne ressentent pas la nécessité et le besoin d'avoir un tel système. Le marché n'existe pas. Il n y a pas de marketing, il n y a pas de contraintes. Les seules contraintes sont les contraintes fiscales », ajoute-t-il. Exposant son expérience au sein de Sonatrach, l'intervenant ajoute que « la décision d'installer un système d'information doit venir du haut de l'échelle de décision ». Il regrette aussi qu'en Algérie, « on agit d'abord puis on règle les problèmes par la suite ». « Alors que la règle veut qu'on élabore d'abord un cahier des charges bien réfléchi avant de se lancer dans un projet ». Il est primordial, de l'avis de ce retraité de Sonatrach, « d'avoir une véritable expertise locale capable de définir avec précisions les besoins de l'entreprise parce que plus on réduit les besoins et plus on réduit les coûts ». Selon lui, « l'entreprise étrangère vient pour vendre le maximum d'équipements et de logiciels. C'est pour cela qu'il faut avoir une compétence locale. Sur la sécurité des données, il dira que la majeure partie des entreprises ne font pas le nécessaire pour que le flux d'information soit totalement protégé. Plus de 90% des entreprises laisseraient libre accès à leurs données.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hafidh Abdelsalam
Source : www.maghrebemergent.info