Algérie

Les derniers chiffres font état de 700.000 unités

Vers des enquêtes sur les logements inoccupés Ahmed Ouyahia instituera incessamment une commission interministérielle chargée d’élaborer des propositions contre le phénomène des logements inoccupés. L’objectif recherché et de préparer le terrain à une cascade d’enquêtes et d’opérations de contrôle à travers le territoire national quant aux logements attribués de manière douteuse et exploités à des fins parasitaires. Et cette commission, réunissant des représentants de la chefferie du gouvernement et des ministères de l’Intérieur, de l’Habitat et de la Justice, est déjà à pied d’œuvre, travaillant sur la base des documents transmis à la fois par l’ONS, dans le cadre du recensement général de la population et de l’habitat de 2008, ainsi que sur les fichiers mis à jour des différents services du ministère de l’habitat. Tout en chargeant le Gouvernement de mettre au point le programme de construction de logements pour les cinq prochaines années, le Chef de l’Etat a évoqué les résultats préliminaires du dernier recensement de la population et de l’Habitat. Il avait affirmé alors: «Nous devons œuvrer encore à la satisfaction des besoins des citoyens en logements, tout en veillant cependant à éviter une concentration insupportable de la population dans les villes et agglomérations au détriment des campagnes. Les chiffres du dernier recensement sont préoccupants à ce sujet et nous invitent à accorder une importance accrue à l’habitat rural, en l’accompagnant de la création d’activités et de revenus à travers les campagnes. Dans le même temps, nous devons veiller à la transparence, en évitant que cette aide publique ne serve à des spéculations au profit de certains.» Partant, le Gouvernement est chargé de soumettre «les instruments requis, y compris législatifs et incitatifs, pour mettre un terme à la subsistance d’un important parc d’habitations inoccupées, alors que le déficit national de logements demeure sensible». Le président Bouteflika avait estimé que «cette situation devra être redressée, notamment en ce qui concerne les logements inoccupés acquis ou loués auprès de l’Etat, ou réalisés avec un soutien public». Il faut inclure dans cette liste des logements inoccupés, au nombre de 700.000 unités selon les derniers chiffres officiels, les logements sociaux, les logements promotionnels réalisés par les EPLF, le OPGI et la CNEP, les logements socio-participatifs, les logements ruraux ainsi que ceux distribués dans le cadre du relogement des sinistrés ou des différentes opérations de recasement. Cela fera beaucoup de logements mais il reste à savoir comment les autorités peuvent-elles savoir avec exactitudes si ces habitations sont véritablement inoccupées. Des propriétaires peuvent être momentanément absents ou à carrément à l’étranger pendant le passage des agents chargés du recensement, tandis que d’autres peuvent avoir déjà vendu leur logement social (en pas de porte comme on dit), à l’insu des autorités mais avec un acte notarié liant les deux parties. De même, l’on sait que beaucoup de propriétaires louent, voire sous-louent au noir les appartements acquis. De plus, il reste à savoir quels types de mesures «légales» les autorités pourraient mettre en œuvre sans toucher à la notion de propriété et à la liberté d’un acquéreur du droit de disposer d’un bien quelconque. Il est vrai, en revanche, que si l’Etat devrait observer un droit de regard sur l’aide qu’il apporte en la matière, et ce, dans un souci d’équité dans la lutte contre la crise du logement, le plus juste serait de revoir les conditions avec lesquelles certaines personnes ont pu bénéficier de plusieurs logements ou de lots de terrains, leur permettant le luxe de laisser fermés leurs biens immobiliers ou de les louer, ce qui en fait des parasites rentiers qui se sont ainsi enrichis sur le dos de l’Etat tout en accaparant la part revenant à d’autres Algériens. Cela renvoie donc à la fiabilité des informations et des dossiers dont disposent les wilayas à propos de tous les logements attribués depuis 1962. En ce mois de mai, on a vu la création d’un  fichier national du logement, un projet longtemps maintenu dans les tiroirs, mais relancé par l’ancien chef du gouvernement. Le fichier national du logement est censé consigner l’ensemble des décisions d’attribution de logements sociaux ou d’aide de l’Etat. Créé auprès du ministre chargé du Logement, ce fichier regroupe les logements publics locatifs, les logements sociaux participatifs, les logements cédés dans le cadre de la location-vente, des terrains à caractère social ainsi que les aides de l’Etat attribuées pour l’achat ou la construction d’un logement. Il est alimenté par le fichier de wilaya, par les organismes habilités ainsi que par les autres organismes de l’Etat ou des collectivités locales. Un fichier informatisé doit rapidement être également créé au niveau de chaque wilaya où sera consigné l’ensemble des décisions d’attribution, alimenté à son tour par les fichiers de daïras connectés au réseau de wilaya. De même, chaque daïra doit tenir un fichier actualisé en permanence de l’ensemble des demandes de logements réunissant les critères d’éligibilité à l’accès au  logement public locatif, par commune. Pour assurer le suivi de l’attribution du logement public locatif, les ministres de l’Intérieur et celui de l’Habitat devront bientôt être destinataires de toutes les informations liées aux conditions et modalités de son attribution. On annonce, à la fin de processus qui devra consommer moins de deux ans, une cascade d’enquêtes et d’opérations de contrôle à travers le territoire national! Amine B.
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