Algérie

Les Américains donnent l'alerte en Afrique du Nord Ils évoquent d'éventuels attentats terroristes dans la région

La Direction générale de la sécurité extérieure française (DGSE) a reçu un document, de 27 pages, sur la menace terroriste dans le nord du Mali en provenance de ses collègues américains, révèle l'hebdomadaire français le Canard Enchaîné dans son édition d'hier.
Le document élaboré par Robert Cardillo, haut responsable à la DNI (Director of National Intelligence), également directeur adjoint du renseignement national, chargé de la lute contre le terrorisme, spécialiste de l'analyse par imagerie, qui coordonne à partir de Washington 16 agences américaines du renseignement, cite les principales organisations terroristes qui ont prêté allégeance à Al-Qaïda.
Parmi ces organisations, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) devenu Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Selon Robert Cardillo, les chefs d'Aqmi ne cachent pas «leur volonté d'attaquer des cibles en Afrique du Nord et de porter des coups en Europe ('). C'est un formidable bazar qui s'installe au centre de l'Afrique».
La menace terroriste ne date, malheureusement, pas d'hier. En Algérie, le Groupe islamique armé (GIA), devenu GSPC puis Aqmi, frappe depuis les années 1990 et continue à perpétrer des attentats chaque fois que l'organisation terroriste en a la possibilité.
«L'alerte» donnée par Robert Cardillo est loin d'être un scoop, mais rappelle étrangement une autre alerte datant de quelques années. Celle-là avait été lancée par l'ambassade des Etats-Unis en Algérie, selon laquelle il y aurait des attentats terroristes à Alger, dont un ciblant à la Grande-Poste.
«L'alerte» donnée par Robert Cardillo intervient à la veille du mois de Ramadhan au cours duquel les groupes du GIA et du GSPC multipliaient le nombre d'attentats et augmentaient en intensité les attaques terroristes en Algérie.
Les responsables américains avaient déjà annoncé que leur pays s'inquiète moins de l'activisme d'Aqmi que par les autres branches d'Al-Qaïda au Moyen-Orient, dont le Yémen. Les Etats-Unis avaient déclaré qu'ils considéraient Aqmi comme une organisation criminelle cherchant à se financer à coups de rapts suivis de demandes de rançons.
Ils considèrent l'organisation terroriste d'Abdelmalek Droukdel, actuel «émir» national d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, comme une nébuleuse qui ne menace pas les intérêts américains.
Qu'est-ce qui a changé depuis pour que les Américains s'inquiètent cette fois-ci d'éventuelles attaques terroristes dans le Nord de l'Afrique '
Il est vrai que depuis, Aqmi et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), auteur de l'enlèvement des sept diplomates algériens, le 5 avril dernier à Gao, région administrative du nord du Mali, et organisation terroriste présentée comme étant «dissidente» d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, occupent une partie du sol malien.
Il est également vrai que d'importants lots d'armes en quantité et en qualité ont été subtilisés des casernes militaires libyennes lors du conflit armé en Libye et qu'une grande partie de cet armement est tombée entre les mains des contrebandiers d'armes et des deux organisations terroristes Aqmi et Mujao.
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