Algérie

Les Algériens réinventent la conduite automobile

Les Algériens réinventent la conduite automobile
On n'actionne plus le clignotant pour avertir du changement de direction, on sort la main pour le signaler au dernier moment ou s'excuser ; on ne cherche plus une place le long du trottoir pour stationner, on s'arrête en deuxième position, presque au milieu de la chaussée, et on allume les feux de détresse ; on ne procède pas aux dépassements uniquement sur la voie de gauche, on le fait à gauche, à droite et au milieu. On n'utilise pas les feux de position seulement pendant la nuit, on le fait même en plein jour (il paraît que ça fait classe !) ; on ne se gare pas pour parler au téléphone et on ne se sert pas - ou très rarement - du kit mains-libres, on le fait en roulant en pleine circulation sans craindre d'être vu par la police, encore moins de provoquer un accident. On ne marque pas un arrêt devant le panneau Stop, on se contente de ralentir et de griller la politesse aux autres voitures en s'excusant d'un sourire hypocrite. D'ailleurs, il y a longtemps qu'on ne respecte plus les feux rouges, la priorité, les lignes continues, les limitations de vitesse ni aucune des règles établies par Louis Rousseau lorsqu'il a créé le code de la route en 1937. Ce code est désormais noyé par les crissements de pneus et les épais nuages de poussière'
Résultat des courses, toujours plus d'accidents de la circulation, toujours plus de morts sur nos routes et de sombres perspectives pour l'avenir. Les chiffres livrés par la Gendarmerie nationale pour le premier semestre 2012 donnent froid dans le dos : 12 407 accidents ont été enregistrés entre janvier et juin contre 11 119 durant la même période l'année passée - soit une hausse effrayante de 1 288 drames. Douze mille quatre cents sept accidents qui ont fait pas moins de 1 659 morts et 21 363 blessés (contre 1 605 décès et 19 546 blessés en 2011). Evidemment, l'excès de vitesse, les dépassements dangereux et le non respect du code de la route trônent en tête des causes des accidents de la route ; le constat est établi annuellement. Mais il faut aussi pointer (cela, on ne le dit pas souvent) la complaisance de certains agents de la circulation à l'égard des automobilistes contrevenant aux règles de conduite les plus élémentaires et l'attitude plus mercantile que pédagogique d'un certain nombre d'auto-écoles. Au rythme où évoluent les choses, il n'est pas exclu que l'Algérie grappille encore quelques points dans le classement mondial du nombre des accidents de la route et finisse très prochainement dans le top 2 de l'horreur...
S. O. A.
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