Algérie - Tennis

Le tennis-club de Skikda à l’abandon: Des champions d’Algérie sans abri

Le tennis-club de Skikda à l’abandon:  Des champions d’Algérie sans abri




Le sport à Skikda souffre énormément du manque d’infrastructures adéquates. Plusieurs disciplines sportives survivent aujourd’hui grâce uniquement aux talents des jeunes sportifs. Le reste n’est que populisme et phraséologie.

Que ceux qui osent prétendre le contraire n’ont qu’à faire un tour au Tennis-Club de la ville, situé dans l’enceinte du complexe omnisports de Skikda?

L’entrée suffit à elle seule de donner un avant-goût de ce que les enfants et les jeunes tennismans de Skikda endurent. Le portail, bancal et corrodé, s’ouvre sur des flaques d’eau qui emplissent des crevasses de la chaussée. Autant on s’engouffre dans ce Tennis-Club, autant la désolation est présente.Elle cache mal les rires d’une multitude d’enfant qui s’entraînent, innocemment, dans des lieux.

Rencontrés sur les lieux, des parents et des dirigeants de plusieurs clubs locaux vident leur sac.

«Pour vous résumer la situation, sachez que ces lieux ne sont même pas gardés. A vous d’imaginer le reste» avance un parent.

Le dirigeant d’un club donne plus de détail sur la galère que vit la discipline «Nous sommes six clubs à nous partager ces quatre courts en terre-battue et un autre en matéco. Regardez, certains courts n’ont même pas de filets. Regardez ces terrains qui se minent, ces déchets abandonnés ici et là. On s’en moque éperdument alors que nous avons cinq champions d’Algérie, toutes catégories confondues, qui sont aujourd’hui en équipe nationale. Nous sommes la seule wilaya du pays à avoir autant d’athlètes en EN, mais on semble s’en moquer».

Effectivement, la ville de Skikda compte à elle seule cinq jeunes champions d’Algérie ; les sœurs Boudjadi ; Yasmine et Hanane, Lebdi Forkane, Abibsi Ali et Bouchareb Yasser.

Un honneur !

Mais écoutons encore un des membres d’un club local «Ces jeunes champions ne peuvent même pas s’entrainer le soir après leurs cours car les courts ne disposent pas d’éclairage. Ils n’ont ni douches ni vestiaires ni sanitaires d’ailleurs. Ils viennent souvent s’entraîner et repartir avec leur tenue de sport! Il n’y a aucun entretien et le jour où la pompe d’arrosage des courts s’était grillée, il a fallu qu’un parent débourse de sa poche pour en acquérir une».

Pourtant, ce Tennis-club disposait depuis sa construction en 1930 de douches, de vestiaires, de bureaux et même d’un cafétéria.

Une grande partie de ces infrastructures est aujourd’hui occupée par une famille qu’on avait relogée dans cette enceinte au courant des années 1990. Depuis, elle y est toujours.

Il ne reste aujourd’hui de libre qu’un semblant de vestiaire, une partie des toilettes insalubres et un semblant de bureau, le tout dans un état des plus déplorables.

La désolation se lit sur les visages des parents et des membres de quelques clubs. Ils jugent que la seule solution pour préserver cet espace sportif est de lui désigner au moins des gérants, comme c’est le cas à la piscine.

«On ne peut pas laisser le Tennis-club à l’abandon. C’est un lieu qui a besoin d’entretien, de gardiennage et d’intérêt surtout» estiment nos interlocuteurs.

Mais cette désolation, toute légitime, se défait quelque peu devant les rires d’une multitude d’enfants qui, raquettes en mains et sourire aux lèvres, continuent d’emplir le Tennis-club de rire et d’espoir.

Osons alors espérer.


Photo: Ils pratiquent leur sport en dépit du délabrement des lieux

Khider Ouahab





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