De tout temps en grosse difficulté en matière d'eau, mais pas seulement, la région de Tafraoui pourra connaître d'ici peu la fin du calvaire avec la mise en service du grand projet de transfert de l'eau potable à partir du réservoir d'El-Araba (Oued Tlélat), lui-même alimenté via le réseau MAO. Selon le planning du chantier, le lâcher d'eau aura lieu dès fin septembre.
Tous les indicateurs du tableau de bord du projet sont au vert, avec à la clé notamment un taux d'avancement global dépassant légèrement les 90%, et au rythme où progressent les travaux, l'eau pourrait bien couler dans les robinets des quelques 20.000 habitants de Tafraoui, hameaux et villages épars compris dont le plus grand, douar de Sidi Ghanem, « dès la prochaine rentrée sociale » pour reprendre une source proche du projet. Le coup d'envoi des travaux pour le raccordement, à travers champs et forêts pour l'essentiel du trajet, de la commune de Tafraoui au réseau AEP depuis le réservoir d'El-Araba dans la municipalité limitrophe d'Oued Tlélat, assorti de plusieurs forages locaux d'appoint, avait été donné en février 2024 en présence de l'ex-wali, Saïd Sayoud. Plus qu'un symbole : les nombreuses visites de supervision-inspection effectuées par ce dernier à ce point, espacées de deux à trois mois d'intervalle, ont été toutes à grand renfort médiatico-institutionnel. Cependant, à l'arrivée, le délai « ferme et incompressible », à savoir 9 mois pour achever les travaux à 100%, que l'ancien premier responsable de wilaya n'avait de cesse de répéter sur place n'aura pas été respecté. Et ce, puisqu'on en est aujourd'hui au 18ème mois -soit le double du délai- et le chantier est encore en cours.
LA ZI ET L'ÉCOLE D'AVIATION DE TAFRAOUI ÉGALEMENT BÉNÉFICIAIRES
L'importance de ce projet AEP va bien au-delà de la solution, certes totale et définitive, au besoin vital de la population locale d'une contée assez étendue et éparpillée géographiquement, et sur le plan socioéconomique déshéritée dans l'ensemble avec la présence de nombreuses zones d'ombres ça et là, étant donné qu'il va profiter également à la Base aérienne et École supérieure de l'air de Tafraoui ainsi qu'à la grande Zone industrielle (ZI) de Tafraoui, avec ses zone et micro-zone d'activités voisines incluses. Au niveau du chantier, on assure en tout cas que les différents intervenants, dont le maître d'ouvrage, la direction des Ressources hydriques (DRE), le bureau de suivi et de contrôle (le CTH) ainsi que l'ensemble des entreprises de réalisation, mettent toutes voiles dehors pour mener à bout le projet les plus brefs délais. Techniquement, il est question d'une ligne de raccordement longue de 53 km, combinant la force gravitaire et le système à pompes et comprenant deux réservoirs d'une capacité totale de 7.000 m3 et deux stations de pompage. Ce projet, doté d'une enveloppe financière de 1,7 milliard de DA, est vital pour les zones secondaires et éparses de Tafraoui. Il l'est encore davantage pour douar Sidi Ghalem, qui en sera alimenté via un réservoir de 5.000 m3. Son impact va en réalité bien au-delà de ce qui est consigné dans la fiche technique grâce au volume qui sera produit, 848 m3/j pour quatre forages en exploitation, et un volume de 2.241 m3/j pour les besoins en AEP de la commune de Tafraoui à elle seule. Ce projet va prendre en charge également et de manière totale la ZI où est implantée, entre autres fabriques, chaînes industrielles et plateformes logistiques, l'usine de FIAT. Au début des travaux, sachant pertinemment qu'on aura beau écourter le délai de la mise en service de ce réseau, le besoin en eau est fort pressant pour cette région assez recluse tant l'offre disponible est trop faible, les pouvoirs publics avaient bien pris le soin de mettre en place à l'avance un programme d'urgence s'appuyant sur deux puits artésiens. Ce à quoi on a dû ajouter le dispositif « de renfort et de secours » par citernes mené par SEOR.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Houari Saaïdia
Source : www.lequotidien-oran.com