Algérie

«Le professionnalisme en Algérie était tordu»

Depuis le début de ce que l'on a appelé «la professionnalisation du football national», et sa mise en ?uvre qui n'a jamais eu lieu, d'ailleurs, les dirigeants, pas tous, ne cherchent toujours pas à comprendre le pourquoi de la chose.Tout semble rouler, pas besoin de ce professionnalisé. La seule remarque à laquelle ils tentent de s'accrocher, est cette fameuse déclaration à répétition, donnez- nous l'argent pour faire vivre le club. Ce qui est du reste logique, mais cette logique doit aussi répondre à des exigences. Depuis 2010, en rang discipliné, il y a des gestionnaires qui voulaient comprendre ce que signifiait le football professionnel. Chacun tentait d'inventer sa propre explication, mais entre l'une et l'autre explication la différence est de taille. 2010, année où ce vocabulaire commençait à s'installer dans les déclarations et les discours. Directement ou indiscrètement on a voulu forcer la main aux clubs pour respecter cette nouvelle gestion, sans l'avoir comprise.
L'ex président de la Fédération algérienne de football Mohamed Raouraoua avait appelé, en 2009, les acteurs du football à se mettre en conformité avec les règles du professionnalisme. Soit, être en règle avec les statuts de la FIFA qui invitent les Fédérations nationales à faire les efforts nécessaires pour que le professionnalisme soit une réalité dans des pays qui avaient toujours vécu sous l'ère de l'amateurisme. Faire en sorte que nos gestionnaires deviennent de véritables professionnels, même s'il sait que notre football est loin d'être bien doté en infrastructures et en moyens financiers. Or, huit années après, le président de la Ligue de football professionnel Abdelkrim Medouar affirmait jeudi, lors du Forum de l'Organisation nationale des journalistes sportifs algériens (ONJSA), organisé au Centre de presse du complexe olympique Mohamed-Boudiaf que «la Fifa n'avait aucune relation avec l'instauration du professionnalisme en Algérie.
Certains continuent de croire que si nous n'avions pas adopté le professionnalisme en 2010, nous n'aurions jamais disputé la Ligue des champions d'Afrique ou la Coupe de la Confédération. Ce sont des choses erronées. Les pays voisins prennent part jusqu'à ce jour à ces compétitions avec des clubs amateurs et sans sociétés sportives par actions». Le 20 août 2010, Raouraoua déclarait, à propos du football professionnel «Nous avons mis tout un dispositif en place pour réussir cette opération qui exige le recours à des règles de gestion rigoureuses, aussi bien sur le plan matériel et infrastructurel que sur le plan de la ressource humaine... Le coup d'envoi du premier championnat professionnel sera donné le 24 septembre prochain (2010) avec la participation de 32 clubs scindés en deux Ligues (1 et 2) de 16 clubs chacune.
Les 32 clubs ayant bénéficié du statut de club professionnel, ont satisfait globalement aux conditions contenues dans le cahier des charges, mais la FAF leur a accordé «une année de plus pour qu'ils poursuivent l'application totale du contenu du cahier des charges». 2018, nombreux sont ceux qui n'ont pas compris, comme fonctionne cette mécanique. Seul, le nouveau président de la LFP reconnait tout haut, ce que d'autres pensaient tout bas. Selon l'APS, Abdelkrim Medouar, estime ce jeudi 9 août, à Alger, à la veille du démarrage de la saison 2018-2019, que le début du professionnalisme en Algérie était "tordu" et l'idée de revoir certains volets est devenue une "nécessité impérative afin d'éviter un avenir incertain".
Un retour aux années 2012 nous permet de relire les déclarations de l'ex président de la FAF, lequel dès son intronisation à la tête de la FAF pour un mandat de quatre ans, il disait aux acteurs de notre football : "Je m'adresse à vous, les présidents de clubs, structure de base et colonne vertébrale du football national, pour vous demander d'engager avec les instances fédérales une réelle refondation de notre discipline en ?uvrant de concert à l'éradication des fléaux qui minent notre football. J'en appelle à votre sens de la responsabilité pour ce sport qui passionne l'ensemble de nos compatriotes pour participer à son renouveau par des actes concrets pour son assainissement, condition indispensable et indissociable de son développement» (El Moudjahid 30.01.2012)
Ce 9 août 2018, le président de la LFP faisait cette juste observation : «nous devons revoir certains volets, vu qu'il connaît actuellement une régression terrible. Sachez que les choses tournent mal en ce moment, car les dettes des clubs s'accumulent davantage», a alerté l'invité du forum de l'ONJSA «Le professionnalisme ne sera viable qu'avec l'existence du soutien financier et des sponsors. Dans le cas contraire, il sera confronté à de multiples problèmes qui influent de manière négative sur le bon déroulement du championnat.»
Quant à Raouraoua, lui disait en 2001 «Nous avons entamé une expérience très difficile, car il n'est pas aisé de passer d'une culture d'amateurisme à une autre de professionnalisme, c'est pourquoi j'appelle tout le monde à la patience, et je suis persuadé que le projet finira par payer au bout de 4 ou 5 ans», a déclaré le patron de la FAF, en marge de la prolongation d'un contrat de sponsoring avec un opérateur économique.
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