Algérie - Revue de Presse

Le président abdelaziz Bouteflika au 10e congrès de l?ONM


« La légitimité révolutionnaire, c?est terminé ! » Fin de règne pour la famille révolutionnaire ? Devant les membres de l?Organisation nationale des moudjahidine (ONM), réunis hier au Palais des nations à l?occasion du 10e congrès de cette puissante association, le président Abdelaziz Bouteflika a déclaré que le pouvoir ne doit plus être exercé en fonction de « la légitimité révolutionnaire ». Même si, parmi l?assistance, il y avait l?ancien président Chadli Bendjedid, qui a eu droit à de nombreuses accolades et embrassades. C?est la quatrième sortie publique de M. Bendjedid, des apparitions liées à des événements exceptionnels : funérailles de M?hammed Yazid, cérémonie commémorative du 50e anniversaire du 1er Novembre 54, opération de destruction des mines antipersonnel à Hassi Bahbah. A chacune de ses apparitions, il s?est refusé à toute déclaration. Etaient également présents le chef de l?état-major de l?armée, Ahmed Gaïd Salah, le chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, ainsi que plusieurs ministres. Après avoir fait l?éloge des éléments de l?Armée populaire nationale (ANP) et des autres services de sécurité pour les sacrifices consentis dans la lutte antiterroriste, le chef de l?Etat a déclaré tout de go : « Il est temps de lever toutes les tutelles sur le peuple. » Nous sommes passés par une période de légitimité révolutionnaire, mais 50 ans, c?est suffisant ! La souveraineté doit revenir au peuple. » Depuis son accession au pouvoir, M. Bouteflika n?a pas cessé d?exprimer sa volonté de voir les militaires retourner dans les casernes et de restituer le pouvoir aux civils. Ces mêmes militaires qui lui ont remis les clés du Palais d?El Mouradia en 1999. Le score de 85% obtenu lors de l?élection présidentielle d?avril 2004, qui a inversé la donne, représente une carte solide entre les mains de M. Bouteflika en vue de faire admettre son projet auprès des militaires. L?armée turque est souvent citée comme le modèle vers lequel devrait se rapprocher l?ANP, du moins dans une première phase de restructuration afin de pouvoir envisager une véritable professionnalisation. Par conséquent, le président Bouteflika ne pouvait s?empêcher de remettre en cause le revers civil du pouvoir, « la famille révolutionnaire », bien qu?il reconnaisse que le rôle de celle-ci n?était pas « terminé » pour autant, notamment parce qu?elle constitue une mémoire vivante. Aussi, il a insisté sur le respect des objectifs politiques sur lesquels s?est construite la révolution. Dans cette démarche visant à rendre à César ce qui appartient à César, le Président a appelé à confier l?écriture de l?histoire de la révolution nationale aux chercheurs historiens en la soumettant aux méthodes scientifiques. « Il est temps de consigner ce que vous savez, mais il appartient aux gens du savoir et aux spécialistes de trancher », a-t-il indiqué. Dénonçant une écriture sélective, basée sur des considérations claniques et régionalistes, M. Bouteflika a exhorté à une autre considération de la révolution, basée sur d?autres critères, à se réconcilier avec soi-même, avec la conscience et avec l?histoire. L?évocation de la réconciliation avec l?histoire a été l?occasion pour le président Bouteflika d?ouvrir une parenthèse sur une autre réconciliation, nationale celle-là. L?amnistie générale, qui est « du seul ressort du peuple algérien », a-t-il précisé. Un sujet revenu avec insistance dans le discours prononcé par le chef de l?Etat, le 31 octobre dernier, au Palais des nations, et qui a suscité les réserves des associations des familles des victimes du terrorisme et des familles des disparus. « Il faut faire taire les armes, fondre les ranc?urs », a-t-il insisté, tout en indiquant qu?il n?y aura pas de révision de la carte politique avant cela. Lors de ce 10e congrès, le chef de l?Etat a honoré des dirigeants de la révolution à titre posthume et des moudjahidine. Des distinctions ont été remises aux familles de Didouche Mourad, Mustapha Benboulaïd, Mohamed Larbi Ben M?hidi et Krim Belkacem. Mohamed Khider, Mohamed Boudiaf et Rabah Bitat ont eu droit à la même distinction, de même que des figures historiques toujours vivantes, Hocine Aït Ahmed et Ahmed Ben Bella en l?occurrence. Le président de la République s?est, quant à lui, vu offrir la présidence honorifique de l?ONM. 

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