Algérie

Le point

Quelles menaces inventoriées ? N’y a-t-il plus de menaces ou de tentatives d’ingérence extérieure dans les affaires internes algériennes? Tout porte à croire que non car on n’en parle plus. Serait-ce parce qu’on n’en parle plus qu’elles n’existent plus? Supposons alors que celles-ci n’existent plus, ou plutôt que les conditions ne sont plus réunies pour que celles-ci se manifestent, et ce, pour les raisons qui auront à être explicitées et qui ne le sont pas encore pour le moment. Par quoi peuvent bien se définir les autres menaces ou alors autour de quoi peuvent-elles être définies? Il y a les menaces qui s’articulent autour des enjeux de lutte entre la modernité et la régression. L’impression générale qui domine est qu’il n’y a pas une société cohérente, mais des parties de sociétés qui n’ont pas le même vécu culturel, qui ne projettent pas leur avenir selon les mêmes repères, dans le même système référentiel, qui n’envisagent ou qui n’acceptent pas une vie commune sous le même système politique, qui cohabitent et qui peuvent même en découdre. Il y a les menaces portées par la dualité «urnes/armes», le pouvoir ne pouvant se prendre par le recours réel aux urnes, les légitimités étant en permanence remises en cause et ne pouvant non plus se prendre par les armes. Le pouvoir ne se conquiert pas, il se conserve et s’il se perd une fois, ce sera pour longtemps, très longtemps car quand bien même que l’on parle d’alternances, il s’agit simplement de changements d’équipes d’hommes au pouvoir à l’intérieur du même système politique. Djaballah Voulait plaquer la même rotation au pouvoir entre équipes d’hommes dans un système politique régi par l’islamisme, dans un paysage politique débarrassé des démocrates, ou plutôt de laïcs, car les islamistes se revendiquent de la démocratie non laïque. A l’opposé, feu Hachemi Chérif voulait un paysage politique exclusivement démocrate, c’est-à-dire débarrassé des islamistes. Chacun de ces deux «politiques» avait parfaitement raison dans son propre système référentiel dans la mesure où ne peut pas se faire -d’une manière douce- une alternance entre ces deux systèmes. Cependant, pouvons-nous raisonner comme au début de la décennie 90 en continuant d’ignorer les mutations et à admettre que le clivage est toujours le même, avec les mêmes convictions présentées comme non négociables? Certains veulent nous faire croire que nous sommes toujours dans une situation figée pour ce qui concerne les idéologies et occulter les luttes pour le pouvoir et l’appropriation de la rente. La menace la plus terrible, celle qui constitue un véritable séisme duquel le pays et la société auront du mal à se relever. Cette menace porte un nom et s’appelle «rupture de la cohésion nationale». Sans cohésion nationale, il n’y aura que des vulnérabilités, toutes les vulnérabilités. Les défenses immunologiques du pays s’effondrent en conséquence et il en ressortira l’inexistence de l’espace de mobilisation de défense. Bachir Medjahed
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