Algérie

Le point

Les inévitables questionnements A ce jour, que cela concerne un camp comme un autre au sein, bien sûr, de la classe politique, la violence, parfois également appelée terrorisme, n’a pas été saisie par les partis politiques comme une opportunité destinée à en faire un phénomène d’investissement politique. Ces derniers préfèrent ne pas en parler du tout pour des raisons qu’ils n’expliquent pas. Il y a presque une accoutumance à ce phénomène, tout comme le sont les accidents de la circulation ou alors le changement de climat. Il est vrai qu’il serait grave que l’on s’y habitue et que même que l’on pense que, désormais, il va falloir apprendre à maîtriser ses propres émotions. Il y a toujours la tendance à penser que quoi qu’il survienne, ce sera toujours de moindre ampleur que ce qui a été enregistré comme massacres durant la décennie 90, et cela s’apparente presque à une résignation. Les partis d’un camp et d’un autre ne savent plus quoi dire et surtout quoi faire quand se produisent des attentats. Tout se passe comme s’ils sont en attente d’une réaction officielle du gouvernement, ou plutôt du président pour qu’eux même réagissent enfin. Il est quand même certain que la classe politique des deux bords sait très bien que la menace existe toujours et qu’elle continuera d’exister dans les circonstances où les sources de recrutement dans les rangs de ceux qui ont subi un traitement d’endoctrinement ne sont pas taries. Faudrait-il, dans un souci d’efficacité, orienter le discours officiel vers la mobilisation pour soutenir la lutte menée par les corps de sécurité, ou alors se concentrer uniquement sur l’offre du pardon sans en évaluer les conséquences sur les attitudes futures de ceux qui continuent encore à pratiquer la violence? Faudrait-il plutôt continuer à pratiquer à la fois la lutte par l’usage des moyens de force tout en laissant la porte ouverte à la réconciliation? Si avoir pu éviter l’effondrement de l’Etat peut être légitimement présenté comme une défaite politique et militaire des groupes armés, comment présenter la survie de ces derniers qui ont subi la pression exercée par les corps de sécurité depuis quand même une quinzaine d’années? A quoi les groupes armés doivent-ils de n’avoir pas été neutralisés dans leur totalité et à quoi serait-il dû que, parfois, ils arrivent à recruter dans la frange des mineurs dont tout le monde sait qu’ils sont, à cet âge, vulnérables psychologiquement? Certes, les populations ne peuvent que s’interroger, et il est normal qu’elles se posent tant et tant de questions car concernées par les implications de la violence. Mais, les questions ne se portent pas seulement sur ce type de violence car il apparaît qu’il y a une diversité des menaces criminelles et un renforcement de celles-ci. Outre ce qui est lié au terrorisme, ou à la violence puisque ce concept semble avoir été mieux adopté pour rendre compte du niveau de l’intensité des actions terroristes ou pour n’avoir pas à citer le mot de terrorisme, d’autres maux sont apparus, à savoir la criminalité organisée, les agressions mortelles, les cambriolages, les enlèvements, etc. Ensuite, les regards se portent, bien sûr, vers les forces de sécurité en charge de la lutte contre ces diverses criminalités. Il apparaît qu’ainsi se dégage l’impression que les forces de sécurité se sont engagées dans cette lutte tous azimuts mais que des obstacles se posent encore sans que l’on sache s’il s’agit d’une absence d’effectifs à combler et à combler vite car leur visibilité est rassurante dans cette conjoncture particulière. Bachir Medjahed
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