Algérie - Revue de Presse

Le futur ne commence pas demain



C?est une bonne nouvelle, le GIA est complètement démantelé, selon le ministre de l?Intérieur. C?est une autre bonne nouvelle, le GSPC est en voie de l?être, toujours selon le même ministre. S?il faut applaudir des deux mains à la fin du terrorisme et aux prophéties d?un ministre qui vient d?arriver dans la guerre, la dernière embuscade qui a coûté la vie à 18 membres des forces de sécurité est aussi à mettre de côté en attendant plus d?informations sur la capacité de nuisance du GSPC. La question n?est pourtant pas là. A quoi sert une loi d?amnistie s?il n?y a plus personne à amnistier ? A qui faut-il pardonner si tous les groupes armés sont démantelés ? Car la question de l?amnistie, donc du pardon, donc de l?oubli, est une question tellement sensible, petit pansement hydrophile placé sur une jambe purulente en voie d?amputation, qu?elle ne trouvera pas d?application pratique demain matin. D?ici là, d?après la logique temporelle de la prédiction du ministre, il ne restera plus de terroristes. La loi n?aura donc pas lieu d?être si ce n?est pour pardonner à une autre catégorie de personnel de guerre. Restera un problème dans cette amnistie probablement nécessaire, le dernier fax de Hassan Hattab, qui voit dans le grand pardon une chose sympathique. Si Yazid Zerhouni pense que Hassan Hattab est fini, pourquoi veut-il lui pardonner ? A l?inverse, si Hassan salue l?amnistie, pourquoi fait-il encore du mal à Yazid, au risque de tout compliquer ? Autant de questions posées à la nation et qui amènent une conclusion provisoire : si aux yeux de l?histoire, il n?est pas juste de mettre Hassan et Yazid sur le même plateau, ce dernier n?ayant tiré que sur des Kabyles émeutiers, il serait plus équitable pour le futur collectif de pardonner à Hassan d?avoir tué et à Yazid d?avoir été ministre de l?Intérieur. S?ils se repentent tous les deux, bien sûr.


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