Algerie - ZLECAf : Zone de libre-échange continentale africaine

La ZLECAf : Une révolution économique pour l’Afrique en marche



La ZLECAf : Une révolution économique pour l’Afrique en marche
Depuis son entrée en vigueur le 30 mai 2019 et le début officiel des échanges commerciaux le 1er janvier 2021, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est bien plus qu’un simple accord commercial : elle incarne une ambition panafricaine visant à transformer le continent en une puissance économique intégrée. Avec 54 des 55 pays de l’Union africaine ayant signé l’accord (l’Érythrée étant l’exception), et 47 ayant déjà ratifié le texte à ce jour, la ZLECAf est en passe de devenir la plus grande zone de libre-échange au monde en termes de nombre de pays participants. Mais quels sont ses objectifs concrets et son potentiel pour des nations comme l’Algérie ? Plongeons dans les chiffres et les perspectives.

Un marché colossal à exploiter
La ZLECAf réunit un marché de 1,3 milliard de consommateurs, représentant un PIB combiné de 3 400 milliards de dollars. D’ici 2035, ce chiffre pourrait grimper de 450 milliards de dollars supplémentaires, soit une augmentation de 7 % du PIB africain, selon les estimations de la Banque mondiale. Ce potentiel repose sur une idée simple mais puissante : stimuler le commerce intra-africain, qui ne représente actuellement que 16 % des échanges totaux du continent, contre 68 % en Europe ou 59 % en Asie. En éliminant les droits de douane sur 90 % des marchandises dans les cinq à dix ans à venir (selon le niveau de développement des pays), et en réduisant les barrières non tarifaires, comme les lourdeurs administratives ou les normes divergentes, la ZLECAf ambitionne de faire bondir ce commerce interne de 52,3 % d’ici 2025, selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA).

Pour l’Algérie, ce marché africain représente une opportunité d’atteindre environ 400 millions de consommateurs dans les régions accessibles, un levier crucial pour diversifier une économie encore dépendante des hydrocarbures, qui représentent plus de 90 % de ses exportations. Avec des secteurs comme l’agriculture, l’industrie ou la finance, l’Algérie pourrait trouver des débouchés pour ses produits et renforcer ses partenariats commerciaux.

Des impacts mesurables sur la croissance et la pauvreté
Les projections économiques sont prometteuses. Le Fonds monétaire international (FMI) estime que la ZLECAf pourrait augmenter le commerce intra-africain de 53 %, tandis que la CEA prévoit une hausse de 45 % d’ici 2045, accompagnée d’une croissance du PIB continental de 1,2 % sur la même période. Cet essor ne se limite pas aux chiffres macroéconomiques : il a un impact direct sur les populations. Selon la Banque mondiale, une mise en œuvre réussie pourrait sortir 30 millions de personnes de l’extrême pauvreté (vivant avec moins de 1,90 dollar par jour) et améliorer les revenus de 68 millions d’autres vivant sous le seuil de 5,50 dollars par jour. Environ 300 milliards de dollars des gains attendus proviendraient de mesures de facilitation du commerce, comme la simplification des procédures douanières, un domaine où l’Afrique perd encore des milliards chaque année en inefficacité logistique.

Les secteurs porteurs pour l’Algérie
Pour tirer parti de ce marché, l’Algérie doit miser sur des secteurs stratégiques. L’agriculture, par exemple, offre un potentiel énorme : le continent importe encore près de 100 milliards de dollars de produits alimentaires par an, alors que des terres arables abondent. L’industrie, notamment la transformation des matières premières, pourrait aussi bénéficier de la ZLECAf, qui vise à créer des chaînes de valeur régionales. Avec un secteur manufacturier contribuant à seulement 10 % du PIB africain (contre 20 % en Asie de l’Est), il y a une marge de progression significative. Enfin, le développement des services financiers et des technologies, soutenu par des initiatives comme le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), pourrait réduire les coûts de transaction de 5 milliards de dollars annuels, facilitant les échanges transfrontaliers.

Défis et conditions de succès
Cependant, ces ambitions ne se réaliseront pas sans efforts. Les infrastructures restent un frein majeur : 40 % des Africains vivent à plus de 5 km d’une route praticable, et le déficit de financement dans ce domaine oscille entre 68 et 108 milliards de dollars par an. La logistique, qui peut représenter jusqu’à 40 % du coût des échanges intra-africains, doit être modernisée. Pour l’Algérie, cela signifie investir dans des corridors de transport vers l’Afrique subsaharienne et harmoniser ses normes avec celles des partenaires régionaux.

De plus, la réussite de la ZLECAf repose sur une collaboration entre gouvernements et secteur privé. Les petites et moyennes entreprises (PME), qui constituent 80 % des acteurs économiques africains, doivent être sensibilisées et accompagnées pour saisir ces opportunités. En Algérie, les opérateurs économiques devront s’adapter à une concurrence accrue tout en exploitant les économies d’échelle offertes par ce marché continental.

Une vision à long terme
La ZLECAf n’est pas seulement un outil économique, c’est un projet politique aligné sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui rêve d’une Afrique intégrée et prospère. Pour l’Algérie, elle offre une chance de renforcer son rôle régional et de diversifier son économie. Avec un potentiel d’exportation inexploité évalué à 21,9 milliards de dollars sur le continent (selon la CNUCED), le temps est venu d’agir. Comme l’a déclaré Claver Gatete, secrétaire exécutif de la CEA, « une ZLECAf réussie exige une mise en œuvre à grande échelle » : les chiffres sont là, les opportunités aussi, reste à les concrétiser.

Cet article s’appuie sur des données tirées de sources fiables comme la Banque mondiale, la CEA, le FMI et la CNUCED, tout en contextualisant les enjeux pour l’Algérie et l’Afrique dans son ensemble. Les chiffres concrets donnent du poids aux arguments, tout en restant accessibles et illustratifs.

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