Algérie

La vieille mosquée d’El-Kerma

Lieu de culte et de citoyenneté Notre première mosquée officielle d’El-Kerma fut construite en 1952 par le maire de l’époque coloniale (dernière génération) sous l’insistance des délégués communaux et des notables indigènes. Elle devait remplacer l’ancien lieu de prière de fortune fait en planches de bois (baraque) qui se trouvait juste dans son voisinage. Son terrain d’assiette, situé dans l’îlot que constitue le douar (appelé village nègre autrefois) et qui appartenait à l’ex-propriétaire européen. Un maçon européen d’origine italienne, du nom de Dicreado, avec des manœuvres indigènes, en l’occurrence Sardi Habib et Mankour Ouis Mohamed, ont été les artisans de ce beau lieu de culte, de rencontre des fidèles musulmans et d’enseignement du Coran au profit des jeunes kermaouis. Les matériaux de construction ont été achetés par les habitants d’El-Kerma grâce à plusieurs collectes d’argent. Ce qui permit aux fidèles de faire leurs prières dans la nouvelle mosquée et d’organiser une grande fête pour son inauguration avec des offrandes de couscous au profit des invités venus des communes voisines. Durant plusieurs nuits, les étudiants du Coran sacré n’ont pas désempli ce nouveau lieu de culte qui manquait tant aux Kermaouis. La mosquée, pour ne pas manquer à sa première vocation de solidarité et d’unification des fidèles, est, jusqu’à l’heure actuelle, utilisée pour les veillées mortuaires et les fêtes religieuses. Elle est restée également un pôle de rencontres et d’informations comme naguère, durant les années de lutte pour l’indépendance. Dans cette modeste mais noble enceinte, d’illustres imams ont éclairé l’esprit et éveillé la conscience de la jeunesse kermaouie. Les premières collectes d’argent pour les mosquées d’ailleurs soulevèrent des soupçons auprès des services de renseignements militaires de l’époque coloniale et surtout durant l’extension de la mosquée qui devait se faire durant les premières années de la lutte armée contre l’occupation française. C’est la raison pour laquelle, le maître Lardjem Ghalem, enseignant coranique et Imam, sera arrêté par les barbouzes français du 2e Bureau d’Oran puis interné à Oued Imber où il subira d’atroces représailles dans une ferme utilisée comme lieu de tortures où, pour l’humilier, les militaires français l’avaient enchaîné en compagnie des mulets dans l’écurie de la ferme-prison. A sa libération, il reprit son service dans la mosquée du village. La mosquée fut aussi utilisée comme lieu de rencontre des Moudjahidine locaux ou en transit vers Sidi Ghalem, Tessala et parfois pour des échanges d’informations et remises de sommes d’argent aux agents de liaison de l’ALN. Ce lieu de culte est aujourd’hui un lieu privilégié de rencontre pour les anciens du village où ils viennent se ressourcer dans leurs souvenirs d’antan. Benyamina Mohamed
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