Algérie - Revue de Presse

La télé, les tâches ménagères et la mosquée comme loisirs



La télé, les tâches ménagères  et la mosquée comme loisirs
Ce vide, auquel s'ajoute la violence que subit l'adolescent aussi bien à l'école qu'au sein de la famille, mine lourdement l'avenir de la société. Dans de telles conditions, les spécialistes craignent que ces « adultes de demain » ne soient pas suffisamment armés pour se protéger contre les idéologies dogmatiques, pour défendre une démarche d'ouverture d'esprit et s'ouvrir aux idées égalitaires dans les rapports hommes-femmes. Une amère conclusion à laquelle est arrivée le bureau d'étude Ecotechnics, auteur de l'enquête réalisée au profit du Centre d'information et de documentation sur les droits des femmes et des enfants (Cidef). Pour les spécialistes, un lien pertinent existe entre l'épanouissement culturel et affectif de l'adolescent, dans sa famille ou à l'école, et ses opinions sur les questions liées aux valeurs égalitaires entre hommes et femmes. La premières questions posées aux adolescents ont trait à la communication intra-familiale. Ainsi, un peu plus du tiers des enfants âgés entre 14 et 17 ans vivent dans un milieu familial où la communication entre parents et enfants est intense. Bien plus, elle se fait de façon presque égale entre la mère et le père ; 40% d'adolescents continuent à ne communiquer qu'avec leur mère et peu ou rarement avec leur père, alors que peu d'autres (2 sur 10), le plus souvent des garçons, vivent sans pouvoir communiquer ni avec la mère ni avec le père. L'enquête démontre que l'instruction des parents améliore plus la communication avec le père qu'avec la mère (dont les relations avec les enfants sont élevées quelles qu'en soient le niveau). De ce fait, le sondage fait ressortir que parmi les adolescents dont le père a un niveau d'instruction élevé, 11% seulement affirment avoir une faible communication avec leur père, alors que chez ceux de parents analphabètes ou de niveau primaire, cette proportion est respectivement de 39% et 25%. Dans l'autre sens, c'est-à-dire celui des parents, les chiffres confirment les réponses des adolescents. De ce fait, les deux tiers des adultes avouent solliciter rarement ou jamais l'avis de leurs enfants et la moitié des réponses de ces derniers le confirme. Lorsqu'ils sont parfois associés, les filles (avec 44% des cas) le sont beaucoup plus que les garçons (36% des cas).La pratique de la lecture est absente chez les adolescentsEn dehors du milieu scolaire, seuls 3 adolescents sur 10 pratiquent une activité sportive ou culturelle et, le week-end, leur occupation se résume à regarder la télévision, les discussions entre amis dans les quartiers pour les garçons et les tâches ménagères pour les filles. Ce qui est inquiétant par ailleurs, c'est le fait que deux tiers des adolescents déclarent n'avoir lu aucun livre ni aucune revue durant les 12 derniers mois. Plus détaillés, les chiffres sont éloquents et appellent à une réflexion plus profonde afin d'apporter des solutions. Ainsi, 25% des adolescents, dont 10% des filles, pratiquent une activité sportive ; 9% s'adonnent à une activité culturelle et 6% seulement affirment avoir une activité manuelle (broderie, couture, poterie, tissage'). Durant les week-ends, 8 adolescents sur 10 passent leur temps en face de la télévision, à discuter avec des amis, à faire le ménage, à rendre visite à la famille ou assister à des fêtes de mariage. La télévision comme moyen de distraction est citée par 90% des filles et des garçons, la discussion avec les amis dans les quartiers est indiquée par 94% des garçons et la même proportion est citée par les filles pour ce qui est du ménage. Néanmoins, 50% des adolescents et 8% des adolescentes affirment aller à la mosquée, alors qu'aucun des enfants n'a cité de lieux de culture tels que les centres culturels, cinémas, clubs, théâtres, ateliers ou bibliothèques. La pratique de la lecture est quasiment absente chez les adolescents, puisqu'ils sont 67% à n'avoir pas lu un seul livre ou revue durant les 12 derniers mois.Les 26% qui ont déclaré avoir lu au moins un livre, la moitié n'a lu qu'un seul durant une année. La lecture des revues reste également insignifiante, dominée par les sujets d'ordre religieux ou les histoires religieuses. Qu'ils résident en milieu rural (71%) ou urbain (65%), les adolescents n'ont pas appris à lire. Cependant, deux régions sortent de la moyenne globale de lecture qui est de 26%. Dans l'Algérois et en Kabylie, les adolescents qui affirment avoir lu au moins un livre représentent respectivement 32% et 38%. Le même phénomène est observée dans les régions du Sud-Est, plus particulièrement le M'zab avec 45%, et des Hauts-Plateaux Ouest (34%). Le niveau d'instruction des parents semble important puisque 70% des cadres et professions libérales et 32% des employés ont des enfants qui pratiquent au moins une activité sportive. Il en est de même pour la lecture puisque les parents analphabètes représentent 16% des enfants qui ont lu au moins un livre et ceux instruits, 37%. Les adolescents dont la mère travaille lisent bien plus (40%, dont 52% des filles et 31% des garçons) que ceux dont la mère ne travaille pas, même si le type de lecture reste dominé par le livre religieux et les contes.Une mixité avec séparation des sexesSeuls 25% d'asdolescents évoluent dans un milieu scolaire où la mixité est effective. Les autres, en dépit du fait qu'ils fréquentent des établissements mixtes, affirment que les filles sont séparées des garçons dans les classes. Même spontanée (filles et garçons qui décident d'eux-mêmes de ne pas s'asseoir ensemble), cette séparation n'est pas remise en cause par les enseignants qui parfois l'encouragent. En effet, un peu plus de 55% d'adolescents disent qu'il y a (peu) ou aucune table où les filles sont assises avec les garçons, et 35 % déclarent qu'il y en a plusieurs et 10% affirment que cela dépend des enseignants. Même dans la cour, la mixité semble réduite. Seulement un tiers des adolescents disent s'amuser ou discuter souvent avec leurs camarades filles, la moitié le font peu et 15% jamais. Selon l'enquête, les adolescents semblent avoir une connaissance relativement bonne des moyens de contraception, même si ce niveau reste plus élevé en milieu urbain qu'en milieu rural. Ainsi, 71% de garçons et 87% de filles déclarent connaître au moins un moyen contraceptif. Ceux qui ne connaissent rien constituent 29% de garçons et 13% de filles. Les types de moyens de contraception les plus connus restent la pilule et le préservatif, qui constituent 52% des réponses.30% de garçons et 15% de filles ont subi des violences à l'écoleEntre 2007 et 2008, un tiers d'adolescents, soit 36% et 15% de leurs camarades filles ont subi au moins une fois une violence physique à l'école, dont les auteurs se comptent parmi le personnel de leur établissement. L'enseignant est désigné dans 17% de cas, suivi du surveillant et le surveillant général, avec 24% de cas, le directeur avec 9% et le gardien 1%. Les raisons du recours à la correction « physique » sont, dans la majorité des cas, liées à la discipline en classe. Les adolescents citent les motifs de cette correction par ordre : le bavardage, vient après le fait qu'ils aient répondu à l'enseignant après une remarque, le non-accomplissement des devoirs et enfin les absences non justifiées. L'enseignant utilise souvent la règle comme moyen de correction aussi bien pour les garçons que pour les filles. Les gifles viennent en deuxième position et concernent beaucoup plus les filles que les garçons. Ainsi, ils sont 21% d'adolescents à déclarer avoir été frappés ou giflés et moins de 10% (surtout les garçons) à avoir reçu des coups de poing et de pied. Ces violences sont tenues au silence par 38% d'adolescents, alors que 43% déclarent avoir informé leurs parents, mais ces derniers ne se sont pas déplacés à l'établissement après la correction physique. Seulement 18% d'enfants disent que leurs parents sont allés voir les enseignants ou les responsables de l'établissement. Dans la rue, 35% de garçons et 12% de filles affirment avoir été victimes d'une ou plusieurs agressions dans la rue durant les 12 derniers mois. 7 adolescents sur 10 citent la réponse à une provocation, comme motif de cette violence physique, alors que 5 filles sur 10 déclarent que le vol et le harcèlement sont les raisons les plus fréquentes des agressions.La violence familiale touche 1 adolescent sur 426% d'adolescents ont déclaré avoir subi une violence physique au sein de leur famille au cours des 12 derniers mois, soit près de 600 000 adolescents et 25% ne sont plus scolarisés, parmi eux, 46% de filles et 54% de garçons. Les motifs de ces violences se résument à la sortie sans autorisation, plus fréquente chez les adolescents, les mauvais résultats scolaires, la fréquentation d'une fille ou d'un garçon, les disputes entre frères et s'urs. Les auteurs des violences sont autant les pères (4 fois sur 10) que les mères (5 fois sur 10). Deux fois sur dix, les frères sont responsables des agressions contre leurs s'urs. Dans 7 cas sur 10, les garçons désignent le père, alors que les filles citent dans 5 cas sur 10, leurs mères, dans 3 cas sur 10, le père, et 2 cas sur 10 les frères. Les gifles sont citées dans 60% des types de violence, les coups de poing ou de pied, dans 39 %, bâton ou autre instrument, 32%, l'enfermement 9%, et le fait de tirer par les cheveux (filles seulement), 24%. En fait, l'enquête montre une évolution positive de la relation parents-enfant, mais la société, notamment l'école, est restée défaillante, surtout en matière de droits des enfants à l'épanouissement culturel. Ce qui appelle à une profonde réflexion sur une prise en charge urgente pour palier à toutes ces carences qui minent l'avenir de la société.
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