Algérie

La sécurisation des installations énergétiques inquiète les professionnels


Nombreux sont les cas d'agressions enregistrés par les sociétés Sonelgaz et Naftal sur leurs ouvrages énergétiques: c'est ce qui a été déclaré hier lors d'une journée d'information et de sensibilisation sur la sécurité des ouvrages énergétiques, organisée par la Direction des mines et de l'industrie de la wilaya d'Oran au profit des secrétaires généraux des communes. Le manque de coordination entre les sociétés énergétiques et les administrations et l'absence d'inventaires de ces ouvrages et de plans identifiant leur emplacement ne fait qu'accroître le risque que peuvent provoquer ces ouvrages sur la population. Le secrétaire général de la wilaya d'Oran, dans son allocution d'ouverture de la rencontre, a indiqué que les concessionnaires des réseaux sont les premiers responsables de la préservation de leurs réseaux, tout en insistant sur l'assistance des autorités publiques, et à leur tête les maires, qui ont le pouvoir de police d'urbanisme. D'autre part, dans sa communication ayant pour thème « la sécurité des ouvrages de transport de gaz dans la wilaya d'Oran », le représentant de la direction Sonelgaz Ouest a indiqué que les travaux de construction et d'urbanisation se réalisent de plus en plus au voisinage des ouvrages de la Sonelgaz, bien que les textes réglementaires relatifs à l'institution d'un périmètre de protection des installations et infrastructures gazières parlent d'une distance de 75 mètres de part et d'autre de l'axe du gazoduc et de l'oléoduc, et notamment l'article n°02 de l'arrêté du 15 janvier 1986. L'intervenant n'a pas manqué de citer quelques exemples de transgression des ouvrages de transport de gaz, comme la réalisation d'une antenne de la direction de l'emploi à Bir El-Djir à 20 mètres d'un ouvrage et sans demander l'avis de la Sonelgaz, l'exploitation d'une carrière d'argile à 1 mètre d'un ouvrage à Aïn El-Bia, la réalisation d'aires de jeux sur des gazoducs à Es-Seddikia et Sidi El-Bachir. L'intervenant a au total cité des exemples de transgressions des ouvrages au niveau de 16 communes de la wilaya, tout en rappelant l'incident survenu le 12 janvier 2007 au niveau d'une exploitation agricole à Hassi Bounif, lorsqu'un gazoduc a été empiété par un engin. Pour le représentant de la société Naftal, trois cas d'agression d'ouvrages ont été signalés à Oran, notamment à Haï Petit-Lac, où une coopérative immobilière s'est installée sur un ouvrage sans autorisation, en plus d'une décharge de ferraille à la Sebkha sur un ouvrage aussi. Le représentant de Naftal a aussi parlé de 10 cas à Sidi Chahmi, 11 à Bir El-Djir, entres autres. D'autres sources de la Sonelgaz ont cité les cas d'un gazoduc découvert à Hassi Bounif et d'une décharge sur un autre gazoduc à Hassi Benokba, ce qui représente un risque permanent. Pour ce qui est des transgressions sur les ouvrages de transport d'électricité, le représentant de la DTE Oran Sonelgaz a indiqué que plus de 200 cas ont été recensés. Un phénomène qui ne cesse d'augmenter avec la prolifération des constructions illicites, notamment à Sidi Chahmi, Es-Sénia et Hassi Ameur. Cet intervenant à aussi mis l'accent sur le phénomène du vol de cornières et de boulons des pylônes électriques, ce qui cause un énorme préjudice à l'entreprise et prive la population de l'énergie électrique, avant de citer l'exemple d'Oran Sud où 44 cornières ont été volées en février 2006. Pour M. Bouriah, directeur des mines et de l'industrie de la wilaya, les responsables des APC et surtout les secrétaires généraux sont les plus concernés par cet aspect, car ils sont, par leurs prérogatives et les missions qui leur sont dévolues, les garde-fous de l'application de la loi et ce sont eux qui, en premier, sont les garants de son application au niveau communal, concernés par la délivrance des permis de construire par le traitement des dossiers. Le DMI a ajouté que la sécurisation des ouvrages énergétiques contre le actes de malveillance nécessite la mobilisation de lourds investissements, tant sur le plan des moyens humains que sur celui du matériel et des équipements, alors que d'un autre côté, ces ouvrages continuent de subir d'une manière volontaire ou involontaire différentes formes d'agression et de violation du périmètre de sécurité, ignorant le danger omniprésent pour la sécurité de ces ouvrages et pour la vie des personnes à proximité. Les différents préjudices subis par le secteur de l'énergie démontrent que le secteur connaît encore des lacunes dans la stratégie de défense de son patrimoine, dû au manque de coordination entre les entreprises du secteur, l'administration locale et les autorités chargées de la sécurité, trouvant l'explication dans la méconnaissance de la réglementation de sécurité par les opérateurs économiques, ainsi que le manque de communication.

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