Constantine - A la une

La résorption du chômage, un pari difficile



La résorption du chômage, un pari difficile
Les pouvoirs publics rassurent les sans-emploi malgré les dégringolades de l'or noir. Un serment pour honorer les promesses faites durant la campagne électorale pour la présidentielle. Mais l'attente est omniprésente. Les diplômés des universités croisent les doigts pour décrocher un emploi avec un contrat à durée indéterminée (CDI). Des détenteurs de projets sollicitent des mécanismes d'appuis à l'emploi. Des démarches abracadabrantes pour se recaser ou a fortiori décrocher un financement pour un projet. C'est une lapalissade que de dire que le chômage persiste en Algérie. Les multiples dispositifs mis en place par l'Etat peinent à résorber une demande toujours en hausse.À la veille de l'élection présidentielle, Abdelmalek Sellal, directeur de campagne du candidat Bouteflika, promettait une attention particulière à tous les jeunes en proie au dés?uvrement. Ce fut le fer de lance du discours préélectoral. Mais la conjoncture, contre toute attente, est marquée par un net recul du prix du Brent impactant la donne. Les pouvoirs publics maintiennent toutefois leur vision globale de lutte contre le chômage. Preuve en est, Abdelmalek Sellal a réitéré la volonté de son gouvernement à consolider les dispositifs d'aide à l'emploi. En clair, la baisse des ressources pétrolières n'affectera pas les programmes ni les budgets de l'Ansej, la Cnac et l'Angem dès lors que celles-ci ont permis la création de plusieurs postes d'emploi à travers les projets proposés par les nouveaux opérateurs. Et les épurations des intérêts constituent un autre réconfort pour les adeptes des dispositifs.Mais ces assurances flanchent une fois que les détenteurs de projets seprésentent devant les organismes. Les dossiers ne sont pas tous bancables et les latences dans leur traitement découragent plus d'un à résister à la bureaucratie. En plus, le malaise est aussi perceptible au niveau de quelques entreprises privées qui refusent des renouvellements de contrats aux employés, notamment universitaires. Moult fois la direction de l'emploi a alerté sur le sujet. L'incompréhension est de taille d'autant que c'est l'Etat qui prend en charge les diverses rémunérations.Malgré ces aléas et écueils, la wilaya de Constantine, selon les dernièresstatistiques fournies par la direction de l'emploi et l'Agence de soutien à l'emploi de jeunes, a pu redresser sa courbe de chômage, puisque celle-ciaffichait environ 10% fin décembre dernier (le taux national étant à10,6% jusqu'à septembre 2014), en attendant les statistiques exhaustivesrelatives à l'année écoulée. Il y a quatre ans, la région enregistrait 12,5%. La baisse du taux de chômage a été réalisée grâce aux différents dispositifs d'emploi, mais aussi par l'entremise des employeurs qui ont adhéré au dispositif mis en place par l'Etat. Les efforts persistent pour répondre aux milliers de requêtes déposées dans les différents organismes. Les mécanismes d'appuis mis en place par les pouvoirs publics, ont donné des résultats positifs, mais connaissent cependant des points faibles avec l'échec observé dans quelques microentreprises qui ont été contraintes de remettre les clefs sous le coup de «sentences» bancaires.«Au départ, les études préalables au lancement des projets n'ont pas été traitées avec justesse. Le manque de suivi et d'expérience chez certains opérateurs ont fait échouer des microentreprises», souligne un économiste. Les multiples mises à niveau moyennant des budgets qui ont été débloqués au profit des jeunes ont pu redresser l'état financier de quelques entreprises grâce à l'implication des experts en management et en économie. «Ce ne sont pasmalheureusement tous les gérants qui ont adhéré à cette option pourtant financée par l'Etat», ajoute notre interlocuteur.En parallèle, l'emploi des jeunes diplômés a enregistré un saut appréciable dans la wilaya de Constantine : 8 000 postes de travail permanents ont été créés. La direction de l'emploi s'en félicite tout en affichant un optimisme certain pour les mois à venir, avec toujours l'espoir de voir le concours des multiples entreprises effectif. Malgré tous ces indicateurs «officiels» jugés optimistes, le monde de l'emploi souffre encore et la disparité dans la distribution des tâches est toujours apparente. Tracasserie administratives et blocages persistent.Par ailleurs, de l'avis de quelques observateurs, «le travail rime avec un tissu productif intense. Il n'y aura pas de débouchés à long terme dans le marché du travail sans un sursaut dans les investissements locaux, seuls créateurs de richesses et d'emploi», soutiennent-ils. Contrairement à d'autres wilayas de l'Est qui ont conforté leur tissu industriel (Bordj Bou Arréridj par exemple), Constantine est restée quasi inactive. Les propositions émises lors des entrevues entre les opérateurs n'ont pas pu sortir du contexte officiel, laissant les sites en jachère. Même les zones industrielles promises à l'investissement sont en bute à des tracasseries administratives.Les dispositifs d'aide demeureront des alternatives qui requièrent des mises à jour ininterrompues sous peine de s'essouffler. C'est l'avis d'investisseurs et d'opérateurs économiques qui insistent sur la nécessité d'investir à court, moyen et long termes, avec planification, objectifs, bilans et perspectives. Ainsi, les microentreprises issues des diverses formules d'aide à l'emploi pourront constituer un tissu dense et une base pour le développement de l'économie locale.N. H.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)