Algérie

La place de l’art en Islam


La place de l’art en Islam Tous les textes du Coran concernant les idoles interdisent qu’on leur rende un quelconque culte ou que l’homme prie pour qu’elles intercèdent en sa faveur. Cependant, aucun verset coranique n’aborde l’action de les modeler en elle-même sauf dans des circonstances bien particulières. Comme lorsque Dieu dit : «Il -Jésus- sera messager auprès des fils d’Israël : Je vous apporte effectivement un signe de la part de votre Seigneur à savoir que je vous crée à partir de l’argile la forme d’un oiseau, que j’y souffle et la voici oiseau-vivant avec la permission de Dieu».Et aussi, lorsque le Tout Puissant, s’adressant à Jésus, dit: «Je t’ai (Jésus) appris le Livre, la sagesse, la Torah et l’Évangile; quand tu créais à partir de l’argile l’image de l’oiseau avec ma permission, que tu y soufflais et la voilà devenue oiseau-vivant avec ma permission». Dieu a voulu que Jésus pétrît des statues. Il a voulu en outre qu’il soufflât dans son œuvre qui se transforma, par la volonté divine, en créature vivante. Certes, le Seigneur pouvait dispenser le Christ d’un tel geste et montrer aux hommes des créatures animées de vie à partir d’un néant sans que personne ne les touchât. Mais en fait, il s’agit là d’une illustration qui relève du miracle par lequel Dieu veut éprouver les hommes dans leur intention secrète. Ainsi, celui qui est convaincu que Dieu demeure le seul Créateur, n’est coupable d’aucun péché ; par contre celui qui aurait tendance à prétendre que Jésus est un sorcier qui agit de lui-même, compte parmi les mécréants. Il est évident que les Prophètes sont mis à l’abri de tout péché. Si donc reproduire une image avait été illicite, nous n’aurions pas trouvé dans le Coran des versets tel que celui où Dieu dit: «Ils faisaient pour lui -Salomon- ce qu’il voulait comme constructions élevées, comme statues, comme plateaux pareils à des bassins et comme marmites, solidement ancrées. Agissez, famille de David, par pure reconnaissance; certes très peu parmi mes esclaves sont les reconnaissants». Ces versets nous montrent clairement que reproduire une image ne constitue nullement un péché tant que l’intention de l’artisan est pure de tout associationnisme et de toute prétention d’égaler Dieu dans son acte créateur, ce qui est tout à fait licite d’autant plus que des artisans façonnaient des statues pour le Prophète Salomon comme nous le confirme le verset cité plus haut. Nulle contradiction donc dans les paroles du Tout-Puissant. En parcourant le Coran, nous ne trouvons aucun verset interdisant la sculpture ou la gravure en elle-même, mais c’est plutôt leur culte qui est incriminé, ainsi que leur conception par l’artisan et leur acquisition par le client avec l’intention de les adorer ou de les associer au Créateur qui dit à ce propos : «Est-ce que vous adorez ce que vous taillez (dans la pierre) ? et Dieu vous a créé vous et ce que vous faites». Nul doute que toute intention d’associer un autre dieu à Dieu mène inéluctablement à la mécréance, que ce soit en sculptant des statues ou en dessinant quelque image. Donc, l’incrédulité se trouve être déterminée par l’intention intime, alors que les actes matériels sont de deux sortes : ceux qui signifient un certain paganisme comme le fait de se prosterner aux pieds des idoles, et ceux où l’intention est pure. Si, par exemple, une personne brûle un exemplaire du Coran, elle peut le faire par égard et par respect pour ce livre, comme lorsqu’elle le trouve partiellement illisible et qu’elle ne veut pas qu’il soit profané ainsi qu’un vulgaire objet qu’on jetterait aux poubelles. Mais une autre personne qui brûlerait le Livre par orgueil et fatuité commettrait un péché abominable. On voit bien par là qu’une action ne peut être jugée qu’à partir de l’intention qui motive son auteur. Le Prophète a dit: «Les actions ne valent que par leurs intentions». Ce hadith constitue le fondement même du principe général de la doctrine musulmane qui édicte que: «Les faits se mesurent par les intentions». A suivre... Dr Othman Al Tuwayjri
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