
Par : Daho Djerbal. Crédit photo: Mounia Abz - http://esjmontpellier.com/
Lors de la Nuit des idées, la revue NAQD fêtera ses 25 ans aux Ateliers Sauvages. L'occasion pour Daho Djerbal, son directeur d'édition, de revenir sur l'histoire de cette publication algérienne.
Quand est née la revue NAQD ?
NAQD est née en décembre 1991 sous la direction de SaidChikhi, sociologue, spécialiste du mouvement social. A sa mort en 1993, Daho Djerbal a pris la relève. Depuis sa création, l'objectif de cette revue est d'étudier les changements en Algérie dans le but d'assurer un trait d'union entre les différentes périodes importantes dans ce pays : la guerre d'Algérie, les évènements d'octobre 1988 et la décennie noire. NAQD est la première revue indépendante non-gouvernementale en Algérie.
Comment se rémunère la revue ?
A son lancement, les membres-fondateurs ont versé un mois de salaire pour constituer le capital social de cette revue. Depuis, elle vit de ses ventes et de ses abonnements. NAQD s'est bâtie grâce un important travail de bénévolats (écrivains, témoignages, photographes et aussi traducteurs).
DSC_0093 (2)Comment se fait le travail de traduction ?
Tous les papiers reçus par la revue sont rédigés en français. Afin d'assurer une version bilingue, chaque écrit est traduit en arabe. Pour cela, NAQD fait appel à de jeunes universitaires bénévoles qui préparent leur thèse, afin d'encourager un esprit jeune. Leur objectif : favoriser la vulgarisation et rendre les articles plus accessibles aux lecteurs.
Comment a été choisi le logo ?
Dans le logo de la revue NAQD, on voit une superposition de plusieurs carreaux, l'un sur l'autre d'une façon déséquilibrée. Il représente la société. Il a été dessiné par le designer ChoukriTeffahi. Selon Daho Djerbal, « ce n'est pas seulement une question commerciale mais une question politique. On voulait être en accord avec notre principe d'une démarche indépendante et une approche critique par rapport à toutes les appartenances ».
« Ce qui est m'apparaissait extrêmement important pendant ces 25ans, c'est qu'on ne puisse pas nous dire : « Vous avez vu, vous avez vécu, mais, vous nous avez rien dit ! ». A travers la revue, on a témoigné. Ce sont des années de transmission de savoir pour laisser une trace pour toutes les générations », Daho Djerbal
De quoi traite le dernier numéro ?
Le nouveau numéro, le n°33-34, intitulé « L'esthétique de la crise II. Par-delà la terreur » sera présenté ce soir aux Ateliers sauvages. Cette publication est une réédition du n°17, mis à jour. Apparue en décembre 2016 uniquement en français, elle sera disponible en langue arabe prochainement.
Pendant les années 90,la rédaction de NAQD a abordé la terreur et le terrorisme, la corruption ainsi que d'autres questions de société telle que «la pensée politique ». Vers la fin des années 90, elle a constaté qu'un aspect n'avait pas été traité dans ses pages : celui de l'art. D'où la création du n°17 autour du thème« L'esthétique de la crise ». Dans ce numéro, elle a demandé à plusieurs artistes à travers le monde de porter un regard sur les crises qu'ils avaient vécues dans leur pays.
Au titre du n°33-34, les auteurs ont rajouté la mention « Par-delà la terreur ». Comme un espoir, une manière d'oublier la terreur vécue en Algérie.
 
Posté par : litteraturealgerie