Algérie - Algérie-Sahara Occidental

La lourde responsabilité de l’Espagne


Le président de la République a exprimé, hier à Alger, son souhait de voir l’Espagne s’engager «de manière plus résolue» dans le règlement du conflit entre le Maroc et le Front Polisario.

Le chef de l’Etat s’exprimait à l’occasion d’un toast prononcé, lors du déjeuner offert au Palais du peuple, en l’honneur du président du gouvernement espagnol, M. Jose Luis Rodriguez Zapatero, en visite hier à Alger.

«Nous souhaiterions que l’Espagne s’engage de manière plus résolue à amener le royaume du Maroc et le Front Polisario à accepter de mettre au point les modalités du référendum d’autodétermination libre et régulier qui permettra l’expression de la volonté souveraine du peuple du Sahara Occidental, conformément à la légalité internationale», a affirmé le chef de l’Etat. Soulignant la responsabilité du royaume ibérique dans l’état actuel des choses, le président de la République a déclaré que «l’Espagne ne peut pas rester indifférente au sort actuel du peuple sahraoui que vous avez colonisé de 1885 à 1975", a encore souligné le président Bouteflika.

Sur ce même dossier et à l’issue des entretiens qu’il a eus avec le président Bouteflika, le président du gouvernement espagnol, M. Jose Luis Rodriguez Zapatero, a, pour sa part, affirmé à la presse: «nous avons discuté de manière approfondie des principes clés qui doivent régir (les efforts) pour aboutir à une solution au conflit du Sahara Occidental. Il s’agit de deux principes: l’accord entre les parties (au conflit) et le respect de la légalité internationale», a-t-il encore dit.

Par ailleurs, la visite de M. Zapatero à Alger a permis la signature d’une convention judiciaire algéro-espagnole sur l’extradition. La convention a été signée par le ministre de la Justice, garde des Sceaux, M. Tayeb Belaïz, et son homologue, M. Juan Fernando Lopez Aguilar. La signature du document a eu lieu en présence du président de la République et le président du gouvernement espagnol. Cette convention, troisième du genre, et qui entre dans le cadre de la coopération judiciaire entre l’Algérie et l’Espagne, intervient après l’accord d’entraide pénale et celui en matière civile et commerciale, signés respectivement en 2004 et 2005.

Les deux pays ont également l’intention de renforcer, a-t-on appris auprès des membres des deux délégations, ce type de coopération par une coopération institutionnelle à travers la formation en Espagne des magistrats algériens sur des sujets «techniques pointus». L’accord d’extradition algéro-espagnol entre dans le cadre de la coopération judiciaire et de lutte commune contre la criminalité et le terrorisme. La lutte contre le blanchiment d’argent en sera également un des volets. Plus de 70 ressortissants algériens arrêtés en Espagne pour activités terroristes seraient susceptibles d’être extradés vers l’Algérie aux termes de cet accord, selon des sources diplomatiques espagnoles. Sur la question des flux migratoires, M. Zapatero a déclaré que le président Bouteflika a renouvelé son engagement sur «le principe de la légalité et la nécessité de relier l’immigration à un contrat de travail». «Nous travaillons activement avec le gouvernement algérien pour juguler l’immigration illégale et nous allons améliorer la situation grâce à des initiatives proposées par la partie algérienne», a poursuivi M. Zapatero.

L’Algérie participe, pour rappel, à la 5ème conférence ministérielle sur la migration en Méditerranée occidentale (5 pays européens + 5 pays du Maghreb), qui s’est ouverte hier à Algésiras (Espagne) et se poursuit aujourd’hui. Elle est représentée par le ministre délégué aux Affaires maghrébines et africaines, M. Abdelkader Messahel. Pour l’Algérie, il est « urgent de traiter les questions migratoires dans une approche globale, équilibrée et intégrée, prenant en considération le lien entre migration et développement ».

En matière de coopération économique, le président du gouvernement espagnol a affirmé, hier, la volonté de son pays de «continuer à accroître les investissements des sociétés espagnoles en Algérie» et «contribuer à son développement». M. Zapatero a précisé que l’Espagne aidera l’Algérie à développer le secteur des énergies renouvelables. L’Algérie et l’Espagne «partagent une géographie voisine et ont de grands intérêts communs dans le présent et à l’avenir», a-t-il affirmé. «Les questions que nous avons traitées se réfèrent aux relations économiques bilatérales et spécialement dans le domaine de l’énergie, surtout dans le gaz, secteur dans lequel l’Algérie et l’Espagne ont une intense coopération et où il y a une forte présence des sociétés espagnoles» en Algérie. Le président du gouvernement espagnol a cité «les grands projets énergétiques» entre l’Algérie et l’Espagne, notamment le gazoduc Medgaz «qui avance dans sa réalisation», a-t-il assuré. Trois partenaires espagnols sont impliqués dans le projet de gazoduc sous-marin Medgaz, dans lequel la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach détient la plus grosse part, à près de 36%.

Pour rappel, ce gazoduc sera long de 1.050 km (550 en territoire algérien, 200 sous la mer et 300 en territoire espagnol) et aura une capacité initiale de 8 milliards de m3/an, extensible à 16 milliards de m3/an. Son entrée en service est prévue, au plus tard, début 2009.


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