Algérie

La guerre en Irak


Les bonnes nouvelles de plus en plus rares Très officiellement, l?armée américaine s?est engagée ou encore a déclenché la guerre en Irak pour une période courte, selon ses plus hauts responsables, et elle n?attend que l?amélioration de la situation pour s?en désengager. Même les dirigeants irakiens refusent de fixer des échéances, se contentant d?appeler au retrait des troupes étrangères, quand cela sera effectivement possible. Mais il se trouve que cela n?est pas aussi facile que cela, à moins que les récentes analyses aient suivi un seul axe, celui du maintien pour très longtemps de l?armée américaine en Irak. Mais de n?importe quelle manière, les nouvelles ne sont pas bonnes et toutes convergent vers l?absence de stratégie américaine en Irak, alors même que le concept de « guerre préventive » a été testé dans ce pays. En effet, et alors que les fêtes de fin d?année approchent - moment propice pour le retour des soldats chez eux -, l?insurrection comme l?appelle les Américains ou l?opposition armée en Irak reste forte et a la capacité de se renforcer à l?avenir, selon un rapport que vient de publier par un institut américain démentant les déclarations du gouvernement américain sur les progrès des forces de la coalition contre les insurgés. Le rapport réalisé par deux analystes du Washington Institute for Near East Policy estime également que l?Irak est à une « période décisive » qui durera entre 6 et 9 mois. « Je pense qu?on saura probablement à l?issue de cette période décisive si les efforts américains en Irak déboucheront sur un succès ou un échec », a déclaré l?analyste Jeffrey White. Selon ce rapport, l?insurrection, qui comprend des nationalistes, des membres de l?ancien régime de Saddam Hussein et des combattants islamistes étrangers, n?a pas montré de signe d?affaiblissement 32 mois après l?invasion américaine. « Bien que des milliers d?insurgés aient été tués et que des dizaines de milliers d?Irakiens aient été détenus (...) les informations sur les incidents et les pertes renforcent le sentiment que l?insurrection n?a jamais été aussi robuste et meurtrière », dit-il. En outre, selon les analystes, l?insurrection n?a réussi à exploiter qu?une fraction de la minorité sunnite mécontente. « Si l?insurrection réussit à utiliser ce potentiel inexploité, elle pourrait fortement accroître ses capacités militaires », ajoutent-ils. M. White a travaillé 34 ans à l?Agence de renseignements militaire américaine (DIA) et Michael Eisenstadt a été analyste pour l?armée de terre américaine. Leur rapport contraste avec le discours du président George W. Bush qui a affirmé mercredi que les forces américaines faisaient des « progrès significatifs » contre les insurgés. Selon MM. White et Eisenstadt, la guerre peut encore être gagnée, mais « la route de la victoire sera longue, coûteuse et ponctuée de revers supplémentaires ». Des responsables américains cités dans ce rapport estiment à 20 000 le nombre d?insurgés sunnites, dont 3500 combattants actifs. Leurs partisans dans la population sunnite pourraient atteindre 100 000 personnes, a précisé M. White. Les étrangers ne représenteraient que 5 à 7% de l?insurrection et ne seraient pas responsables de la majorité des attaques ni des victimes, a ajouté l?expert, contredisant les affirmations de l?Administration américaine qui font de l?Irak le front de leur « guerre contre le terrorisme ». Mais l?insurrection utilise largement la religion dans sa propagande et, fait nouveau, les partisans de Saddam Hussein, jusqu?ici largement laïques, s?identifient de plus en plus aux islamistes. « Il se produit une sorte de fusion », a déclaré l?expert. « Reste à savoir si c?est un mariage de convenance ou un véritable engagement », a-t-il ajouté. Selon le rapport, l?insurrection n?a pas de hiérarchie, mais « un écheveau de réseaux » qui reçoit un soutien financier d?Irak et de l?étranger. Le soutien de la Syrie ou de l?Iran n?est « pas négligeable », mais pas essentiel non plus. « L?insurrection a accès à toutes les armes, tous les explosifs, toutes les ressources financières et tous les effectifs entraînés dont elle a besoin, à un niveau suffisant pour poursuivre indéfiniment ses activités actuelles - à condition qu?elle garde le soutien de la communauté sunnite », a déclaré M. White. Mais les insurgés sont néanmoins vulnérables, estime le rapport. Ils manquent d?une direction unifiée et d?un soutien sans réserve de nombreux sunnites et leur image est ternie par la brutalité des attaques » contre les civils. C?est un autre coup dur pour le moral des troupes persuadées que la guerre en Irak allait être de courte durée. Et probablement sans risque. Les pertes sont de plus en plus élevées. 2135 tués depuis mars 2003. Et un autre week-end sanglant, dont dix jeudis.
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