Algérie

La défense des prévenus dans l’affaire de la BCIA tire à sa fin


Des avocats évoquent des erreurs dans la procédure pénale L’un des avocats de la défense met en cause les erreurs dans la procédure pénale ayant conduit, selon lui, à la transgression de certaines règles, «ce qui a eu pour conséquence de gonfler le dossier». La défense des mis en cause, dans l’af- faire de la BCIA, reviendra une fois de plus sur le rapport établi par l’expert, ainsi que sur le traitement de cette affaire, faisant part de lourdes erreurs de procédure. Les avocats qui se sont succédé durant toute la journée d’hier s’étonneront «comment une si grande expertise a été confiée à un débutant», expliquant, que «c’était la première opération pour cet expert, qui s’est soldée par l’envoi de plus d’une trentaine de personnes en détention provisoire et accusant aussi plus d’une cinquantaine d’autres». La défense reviendra une fois de plus sur les qualificatifs qui ont été utilisés par cet expert pour parler des prévenus, comme elle expliquera que ce dernier, tout en étant très explicite en répondant aux questions posées par la partie civile ou par le procureur, se montrera bref lorsque l’un des avocats de la défense le sollicitera pour un éclaircissement. «On a pu, dès lors, avancera la défense, constater une certaine complaisance avec les deux parties citées plus haut.» Par ailleurs, expliquera-t-elle, «même le représentant du ministère public a laissé transparaître certaines différences entre la partie civile et celle des prévenus». A titre d’exemple, la défense citera «certaines pièces présentées mais non remises à la défense»; «ce qui a engendré, poursuivra-t-elle, un réel handicap pour cette dernière». Elle reviendra également sur la relation de parenté entre l’expert et un responsable de la BEA, s’étonnant «comment cela a-t-il été possible?» «Tous ces points, dira cette défense, ont fait que cette affaire connaît beaucoup de zones d’ombre.» Le cas des pourvois interjetés par les deux frères Kharoubi sera lui aussi soulevé, «un pourvoi qui a scindé ce procès et a fait que des complices soient jugés avant les principaux accusés». En revenant sur la présomption d’innocence, la même défense expliquera qu’elle a été «plus que bafouée». L’avocat de Lakhdar Fouatih s’étonnera, quant à lui, du réquisitoire retenu contre son mandant et de la peine de deux années de prison ferme réclamée. Il dira de son client qu’«il est innocent des deux traites qu’on lui incombe, et ce pour la simple et bonne raison que leur auteur l’a affirmé en pleine audience: il s’agit du dénommé Ahmed Fouatih Belkacem». D’autre part, Me Nouar Mohamed, défenseur du directeur de l’agence BEA ‘Yougoslavie’, abordera lui aussi les points soulevés par ses confrères. Il reviendra toutefois sur la consistance du dossier, disant que celui-ci «a été gonflé suite aux erreurs dans la procédure pénale qui ont conduit à la transgression de certaines règles; ce qui a fait qu’on ne retrouve pratiquement aucune relation entre certains prévenus». Il soulèvera également le contenu des rapports d’inspection établis par la DRO, disant que, «sur les trois rapports, le nom du directeur de cette agence n’est pas cité. Alors, comment se fait-il qu’il soit poursuivi comme étant l’un des principaux accusés?» Me Nouar Mohamed posera une autre question relative à la responsabilité de son mandant au niveau de l’agence de la BEA de Sig où, dira-t-il, «outre la responsabilité du directeur, on retrouve également celle de quatre autres responsables de service.» «Alors comment se fait-il, lancera-t-il enfin, qu’au niveau de l’agence de la BEA ‘Yougoslavie’, le seul mis en cause soit le directeur?» Hasna Yellès
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