La chronique bouleversante de Régine Dubois sur la RTBF ? que vous n'entendrez sans doute jamais dans les médias français ? résonne comme un cri. Un cri porté par des noms, ceux des enfants de Ghaza tués depuis vingt-deux mois.
« On peut siroter un apéro, rire avec ses amis, offrir une glace à ses enfants? il n'y a pas de raison de culpabiliser d'avoir une belle vie », souligne-t-elle. « Mais la liste s'allonge, toujours. Rawaa Qasim al-Astal, 5 ans. Sham Abu Ajwa, 7 ans. Nasser al Ghazali, 4 ans. Reem Badwan, 3 ans? » Mardi prochain, place de la Monnaie à Bruxelles, des artistes liront à voix haute les noms de 16 500 enfants tués à Gaza. « Prononcer leur nom, dit Régine Dubois, c'est déjà une manière de dire qu'on refuse de les oublier. »
Un hommage qui fait écho à celui des journalistes belges, qui ont récemment lu les noms de leurs confrères tués dans cette guerre. À travers ces voix, il ne s'agit pas seulement de chiffres, mais de vies arrachées, brutalement interrompues. La chronique rappelle aussi la fracture abyssale entre la banalité de nos quotidiens et l'horreur qui se joue à Gaza. « On peut lire, aller au cinéma, danser en festival? mais la liste revient toujours. » Ce contraste, Régine Dubois le décrit avec justesse : celui d'un monde qui poursuit sa route tandis que les enfants meurent, invisibles derrière des débats sémantiques sur « génocide » ou « famine ».
En donnant à entendre ces noms, la journaliste rompt avec l'abstraction des bilans chiffrés. Elle replace l'humain au coeur d'un génocide que beaucoup préfèrent tenir à distance. Ce geste, simple et fort, réaffirme ce que le silence des grandes rédactions françaises efface : la responsabilité morale de témoigner, de nommer, de rappeler que chaque chiffre correspond à une vie unique.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rédaction LNR
Source : www.lnr-dz.com